A Analyse

Rediffusion

Le progressisme, work in progress

Philosophe

À une époque où l’idée de Progrès semble bien battue en brèche, le retour du mot « progressisme » a de quoi frapper. Au-delà du paradoxe, il s’agit d’analyser ce que cette tendance dit de notre rapport au temps et au monde. Si l’avenir est en crise, il faut aussi tenter de repérer les contre-feux qui tentent de s’inventer et les directions suivies par celles et ceux qui entendent au présent réarmer leur progressisme. Rediffusion d’été.

Le mot de « progressisme » s’est discrètement installé dans le débat public : tel article signale, ici, le « renouveau du progressisme américain » consécutif à l’élection de Donald Trump ; tel directeur éditorial entend, , consacrer les colonnes du magazine qu’il pilote à « faire dialoguer les sensibilités du camp progressiste » ; telle femme politique devenue directrice de collection explique, ailleurs, qu’il s’agira pour elle de documenter « les batailles culturelles du progressisme ». La fortune récente du terme tient, comme souvent, à la manière dont il en remplace d’autres, devenus impraticables dans un espace où les frontières politiques peinent à se formuler – l’anglais « liberal » se traduit malaisément, l’invocation du socialisme suscite d’infinies querelles.

Mathieu Potte-Bonneville

Philosophe, Maître de conférences à l'ENS Lyon