António Lobo Antunes

Écrivain

Né en 1942 à Lisbonne et issu de la grande bourgeoisie portugaise, António Lobo Antunes a fait des études de médecine et s’est spécialisé en psychiatrie, métier qu’il a exercé à l’hôpital Miguel Bombarda dans les années 1970-1980. Au début des années 1970, il a été envoyé en Angola où il a participé à la guerre coloniale, comme tous les jeunes hommes de sa génération. Auteur à ce jour de plus de trente ouvrages traduits dans les principales langues et publiés pour la plupart chez Christian Bourgois, il est aujourd’hui l’une des grandes figures de la littérature contemporaine. De nombreux travaux ont été consacrés à son œuvre, et il a reçu de multiples prix littéraires, dont le Prix Union Latine en 2003, le Prix Jérusalem en 2005 et le prix Camões en 2007.

Jusqu’à ce que les pierres soient plus douces que l’eau est traduit par Dominique Nédellec a été responsable du Bureau du livre à l’ambassade de France en Corée du Sud (1997-1998), chargé de mission au Centre régional des lettres de Basse-Normandie, à Caen (1998-2002), et devient traducteur de portugais lors de son installation à Lisbonne (2002-2006). Depuis 2003, il a traduit une trentaine de titres (littératures brésilienne et portugaise) parus chez une douzaine d’éditeurs, notamment de Dulce Maria Cardoso (Stock), Gonçalo M. Tavares (Viviane Hamy ; voir Une jeune fille perdue dans le siècle à la recherche de son père) et João Tordo (Actes Sud).

Ses publications sur AOC

dimanche 06 .01

Fiction

Jusqu’à ce que les pierres deviennent plus douces que l’eau

par António Lobo Antunes

Un jeune Portugais revient chez lui, après vingt-sept mois de guerre en Angola, avec un petit garçon noir, un orphelin. Quarante ans ont passé et, comme tous les ans, cet homme, sa femme, son fils adoptif, sa bru, sa fille se retrouvent au village pour la tue-cochon traditionnelle. On le sait dès le prologue, le même couteau servira à tuer et le cochon, et le père. Comme une sorte de tombeau pour des milliers de soldats, un flot de paroles dense et fragmenté, une coulée d’images diffractées et cruelles donnent corps à cette guerre sans fin. Le père, le « fils nègre » et la fille racontent tour à tour ; c’est sous forme polyphonique qu’António Lobo Antunes, dont l’œuvre sera bientôt publiée dans la Pléiade, a construit son roman (à paraître chez Christian Bourgois). Le premier chapitre clôt notre série d’avant-premières de littérature étrangère promise en cette rentrée d’hiver.