Dolores Prato

Écrivaine

Dolores Prato est née à Rome en 1892. D’abord enseignante en Toscane et proche du parti communiste, elle se voit progressivement empêchée d’enseigner par le régime fasciste. Elle prend alors en charge une jeune femme handicapée et fréquente les cercles littéraires et intellectuels romain qui influencent son engagement politique original, à la fois papiste et acquis à la cause du communisme, en tout cas foncièrement anti-monarchiste. Prato écrit son premier ouvrage Au pays des cloches en 1948, texte suivi un an plus tard par Calycanthus. Qu’a-t-il à voir, lui ?

Après deux autres récits achevés dans les années 1960, Dolores Prato entame son livre majeur : Bas la place y’a personne qui l’occupera pendant presque dix ans. Si l’œuvre ne sera jamais publiée dans son intégralité du vivant de Dolores Prato, qui a alors quatre-vingt-huit ans pour la publication d’une version tronquée de Bas la place y’a personne en 1980 (chez Einaudi, grâce à Natalia Ginzburg), l’auteure acquiert néanmoins une vraie notoriété dans son pays. En 1997, une version intégrale de Giù la piazza non c’è nessuno (Bas la place y’a personne) est publié chez Mondadori. En 1995, avait paru Le Ore (Les Heures) chez Adelphi. En 2010 paraît Sogni (Rêves), quarante ans de récits de rêves, chez Quodlibet.

En France, les éditions Allia ont publié Brûlures en 2000. Et pour la première fois les éditions Verdier publient, le 20 septembre 2018, la traduction française du chef-d’œuvre de Prato.

Jean-Paul Manganaro est professeur émérite de littérature italienne contemporaine à l’université de Lille III et auteur d’une œuvre critique, marquée notamment par des essais sur Gadda et Italo Calvino. Traducteur de près de 200 romans, il a travaillé à la traduction de Bas la place y’a personne avec Laurent Lombard. Ce dernier est maître de conférences en littérature italienne à l’Université d’Avignon et des pays du Vaucluse et traducteur, pour les éditions Verdier, de l’œuvre d’Antonio Moresco.

Ses publications sur AOC

dimanche 09 .09

Fiction

Bas la place y’a personne

par Dolores Prato

Dolores Prato (1892-1983), née bâtarde, fut élevée par un prêtre et sa sœur («les oncles») à Treia, une petite ville des Marches. Femme indépendante, antifasciste, auteure de récits et poèmes, celle qui se disait être une «personne inconclue» a entièrement recréé le monde de son enfance dans Bas la place y’a personne comme peu de récits d’enfance savent faire : à hauteur d’enfant, d’une petite fille livrée à elle-même, seule face aux mystères de la vie. La publication originale avait été une révélation en Italie ; mais elle était incomplète. Dolores Prato n’en verra pas la publication intégrale. AOC, qui en publie un extrait en avant-première, conclut sa série de prépublications estivales sur ce texte promis à devenir un classique.