Mariane de Douhet

Critique

Née en 1986, Marianne de Douhet a étudié simultanément le chinois (Licence) à l’Inalco, la philosophie à Paris IV (Master II, Capes), discipline qu’elle enseigne actuellement au Lycée (Bondy, Addis-Abeba) ainsi qu’en maison d’arrêt (Fleury-Mérogis, Villepinte). Elle est, par ailleurs, collaboratrice pour le Journal I/O Gazette, et développe une activité artistique autour du roman graphique.

Ses publications sur AOC

mercredi 11 .09

Critique

Raviver les âmes – à propos de Viendra le feu d’Oliver Laxe  

par Mariane de Douhet

Viendra le feu, le dernier film d’Oliver Laxe, prix du jury dans la sélection un certain regard lors du dernier festival de Cannes, sort à un moment où le « thème » du feu a innervé nombre de productions théoriques et artistiques. Il parvient à subtilement déplacer son sujet en donnant son attention à l’âme plus qu’à la flamme, en posant sa caméra sur l’austérité rugueuse de la vie rurale, sur son mutisme sec et tranquille, plutôt que sur la flamboyance grandiloquente du brasier.

samedi 13 .07

Entretien

Jean-Pierre Rehm : « Filmer quelqu’un penser, cela fait toujours évènement »

par Mariane de Douhet

Depuis le 9 et jusqu’au 15 Juillet, la lumière marseillaise, irradiante à cette époque de l’année, voit poindre ses passionnants rivaux : les salles obscures et leurs écrans, pourvoyeurs d’une autre clarté, celle du cinéma.  125 films, en provenance de 35 pays, sont présentés cette année dans le cadre du 30e Festival International de Cinéma, qui identifie résolument le cinéma à un champ d’exploration, un laboratoire à travers lequel dépeindre – esquisser – le contemporain. Entretien avec son directeur.

vendredi 12 .07

Critique

Architecture : fulgurances et ennui chez Pascal Rambert

par Mariane de Douhet

Reprenant la trame classique de la discorde familiale, la pièce de Pascal Rambert Architecture, qui a ouvert le Festival d’Avignon, convoque l’atmosphère sclérosée de la bourgeoisie intellectuelle dans l’Europe du XXe siècle. Traumatisée par les guerres et le nationalisme, mise face à l’imminence de l’horreur, une famille cherche, et échoue, à trouver dans le langage une façon de changer le cours du temps.

mardi 14 .05

Critique

Mythifier la violence pour mieux la voir – à propos d’Oreste à Mossoul de Milo Rau

par Mariane de Douhet

Pour son nouveau spectacle, créé au théâtre de Gand dont il est le directeur artistique, Milo Rau emprunte au texte d’Eschyle mais ne le joue pas, il le réinvente dans une Orestie contemporaine. Les interrogations sur les violences cycliques et sur le pardon sont les mêmes que celles qui traversent le dramaturge grec mais sont recontextualisées à Mossoul aujourd’hui, ville sinistrée depuis laquelle le metteur en scène offre une lecture du monde.

mercredi 27 .02

Critique

Discontinuité de l’amour, continuité des plaines – sur le Nuestro tiempo de Reygadas

par Mariane de Douhet

Aux antipodes du prétentieux Roma de son compatriote Alfonso Cuarón, le réalisateur mexicain Carlos Reygadas trouve, avec son nouveau film, le courage d’écrire une parole qui se cherche, à travers des personnages qui se parlent, et tentent des réponses une question : comment s’aimer dans le temps ? Étrange objet filmique, qui oscille entre de multiples genres, Nuestro tiempo s’offre autant comme une méditation amoureuse que comme une fresque sociale ambiguë.