Mariane de Douhet

Critique

Née en 1986, Marianne de Douhet a étudié simultanément le chinois (Licence) à l’Inalco, la philosophie à Paris IV (Master II, Capes), discipline qu’elle enseigne actuellement au Lycée (Bondy, Addis-Abeba) ainsi qu’en maison d’arrêt (Fleury-Mérogis, Villepinte). Elle est, par ailleurs, collaboratrice pour le Journal I/O Gazette, et développe une activité artistique autour du roman graphique.

Ses publications sur AOC

samedi 08 .02

Entretien

Claudine Nougaret : « Il ne faut surtout pas forcer les gens à parler »

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Pénétrer au cœur de la matière sonore qui composent les films de Raymond Depardon, c’est la proposition de Dégager l’écoute, une exposition qui se tient jusqu’au 15 mars 2020 à la Bibliothèque nationale de France. Depuis plus de trente ans, l’ingénieure du son et productrice Claudine Nougaret sculpte cette matière de paroles, de voix et de silences. Parce que le son ne peut être conçu indépendamment de l’image, et inversement.

mardi 04 .02

Critique

Les mystères de l’engagement au FN – à propos de La Cravate d’Étienne Chaillou et Mathias Théry

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Avec un art virtuose du montage, Étienne Chaillou et Mathias Théry interrogent dans La Cravate le jeune Bastien, vingt ans, militant FN depuis qu’il en a quinze. Le documentaire mêle ainsi récit d’une vie et regard introspectif de son principal protagoniste, invité, auprès des spectateurs et vis-à-vis d’eux, à contempler ses choix et à leur donner sens. S’il y a bien du cinéma dans ce documentaire, c’est précisément parce qu’il offre à son spectateur, mais aussi à son protagoniste, la possibilité de penser.

lundi 16 .12

Critique

On liquide – à propos de Nous pour un moment d’Arne Lygre mis en scène par Stéphane Braunschweig

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Avec Nous pour un moment, c’est la quatrième fois que le metteur en scène Stéphane Braunschweig adapte l’auteur norvégien contemporain Arne Lygre. Et c’est le sentiment d’un isomorphisme absolu qui lie les deux artistes, tant la scénographie – superbe et saisissante, perdurant pour longtemps dans nos esprits – traduit sobrement la liquéfaction – du décor, du lien social, du tout – qui semble menacer sous nos pieds. Et ceux des remarquables comédiens.

vendredi 22 .11

Critique

Staging alive – sur Dying on stage de Christodoulos Panayiotou

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Lecture-performance, Dying on stage est un oxymore et une apothéose : c’est sur scène que le déchainement des forces créatives se fait contre la mort – et simultanément en son nom. Il s’agit pour Christodoulos Panayiotou de raconter une rencontre impossible, entre cette scène et la mort, qui semblent avoir quelque chose à se dire ; deux « lieux », symboliques ou effectifs depuis lesquels, sous l’effet de l’urgence, de la menace ou du désir qui s’y concentrent, quelque chose de la vie et de sa valeur, de l’intensité de ce qu’on y éprouve, semble s’aiguiser.

mardi 08 .10

Critique

Barbarie bobo – à propos de Abgrund / L’abîme de Thomas Ostermeier et Maja Zade

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Un groupe d’amis se réunit pour un diner chez deux d’entre eux, heureux couple moderne dans lequel Monsieur est aux fourneaux, parents de deux petites filles. Et puis la tragédie arrive, avec d’autant plus de sauvagerie qu’elle déchire la certitude de ces bourgeois contemporains d’en être prémunis. Tel est le propos de Thomas Ostermeier et Maja Zade avec Abgrund / L’Abîme : sonder l’intrusion du pire dans des vies qui se croient les meilleures.