Mariane de Douhet

Critique

Née en 1986, Marianne de Douhet a étudié simultanément le chinois (Licence) à l’Inalco, la philosophie à Paris IV (Master II, Capes), discipline qu’elle enseigne actuellement au Lycée (Bondy, Addis-Abeba) ainsi qu’en maison d’arrêt (Fleury-Mérogis, Villepinte). Elle est, par ailleurs, collaboratrice pour le Journal I/O Gazette, et développe une activité artistique autour du roman graphique.

Ses publications sur AOC

mardi 08 .10

Critique

Barbarie bobo – à propos de Abgrund / L’abîme de Thomas Ostermeier et Maja Zade

par

Un groupe d’amis se réunit pour un diner chez deux d’entre eux, heureux couple moderne dans lequel Monsieur est aux fourneaux, parents de deux petites filles. Et puis la tragédie arrive, avec d’autant plus de sauvagerie qu’elle déchire la certitude de ces bourgeois contemporains d’en être prémunis. Tel est le propos de Thomas Ostermeier et Maja Zade avec Abgrund / L’Abîme : sonder l’intrusion du pire dans des vies qui se croient les meilleures.

mardi 24 .09

Critique

Western dystopique pour satire politique – à propos de Bacurau de Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles

par

Entre attente et jubilation, Bacurau est un film d’hybridation. Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles mêlent le suspense rationnel d’un thriller (qui tue et pourquoi) et l’irrationalité d’un futur proche dans lequel les meurtres ont des agents mais pas de cause, faisant régner une atmosphère saisissante : celle d’un réalisme magique où l’on se retrouve parachuté dans un bain d’anomalies parfaitement intégrées à la fiction.

mercredi 11 .09

Critique

Raviver les âmes – à propos de Viendra le feu d’Oliver Laxe  

par

Viendra le feu, le dernier film d’Oliver Laxe, prix du jury dans la sélection un certain regard lors du dernier festival de Cannes, sort à un moment où le « thème » du feu a innervé nombre de productions théoriques et artistiques. Il parvient à subtilement déplacer son sujet en donnant son attention à l’âme plus qu’à la flamme, en posant sa caméra sur l’austérité rugueuse de la vie rurale, sur son mutisme sec et tranquille, plutôt que sur la flamboyance grandiloquente du brasier.

samedi 13 .07

Entretien

Jean-Pierre Rehm : « Filmer quelqu’un penser, cela fait toujours évènement »

par

Depuis le 9 et jusqu’au 15 Juillet, la lumière marseillaise, irradiante à cette époque de l’année, voit poindre ses passionnants rivaux : les salles obscures et leurs écrans, pourvoyeurs d’une autre clarté, celle du cinéma.  125 films, en provenance de 35 pays, sont présentés cette année dans le cadre du 30e Festival International de Cinéma, qui identifie résolument le cinéma à un champ d’exploration, un laboratoire à travers lequel dépeindre – esquisser – le contemporain. Entretien avec son directeur.

vendredi 12 .07

Critique

Architecture : fulgurances et ennui chez Pascal Rambert

par

Reprenant la trame classique de la discorde familiale, la pièce de Pascal Rambert Architecture, qui a ouvert le Festival d’Avignon, convoque l’atmosphère sclérosée de la bourgeoisie intellectuelle dans l’Europe du XXe siècle. Traumatisée par les guerres et le nationalisme, mise face à l’imminence de l’horreur, une famille cherche, et échoue, à trouver dans le langage une façon de changer le cours du temps.