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Les oubliés de M’béra

Écrivain

En Mauritanie, un camp de réfugiés est devenu la deuxième agglomération du pays après Nouakchott, et une terre d’exil pour celles et ceux qui fuient un Mali en proie aux attaques des groupes jihadistes, la milice Wagner et un État défaillant. M’béra est le nom de cette ville où, depuis 2012, diverses communautés ont pourtant réussi à mettre en place une coexistence harmonieuse et culturellement riche.

Surgi du désert à environ 1 300 kilomètres de Nouakchott, dans l’extrême est de la Mauritanie, à 60 kilomètres de la frontière malienne, le camp de M’béra est devenu, en 14 ans, « la deuxième plus grande agglomération du pays, après la ville de Nouakchott », d’après les mots du président mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Dans un discours qu’il a prononcé en août 2025, lors de la conférence de haut niveau sur les réfugiés, organisée par l’Agence japonaise de coopération internationale et le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), ce dernier a plaidé pour plus d’aide internationale en faveur des réfugiés maliens en Mauritanie, soulignant « la paix », « la stabilité » et « l’hospitalité africaine » retrouvées par ces réfugiés sur le territoire mauritanien.

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Des mots que corroborent ceux du président de la coordination des réfugiés Mohamed ag Malha, qui déclare que « L’accueil offert aux réfugiés par la République islamique de Mauritanie et son gouvernement, de 2012 à nos jours, a été très chaleureux, empreint d’humanisme et caractérisé par une hospitalité offerte à tous, sans considération de race, de couleur, de religion et de provenance ».

« Les Mauritaniens, l’État ainsi que la population, nous ont porté dans leurs cœurs », témoigne-t-il avec émotion. Le Président mauritanien précise, depuis Yokohama, que son pays « accueille plus de 309 000 réfugiés ». Il faut y ajouter « 7 300, le nombre des nouveaux arrivants », enregistrés entre octobre et fin décembre 2025, d’après le bureau du HCR en Mauritanie.

Installés depuis 2012, parfois oubliés dans les tumultes d’un monde ravagé par plusieurs conflits, ces exilés sont répartis entre le camp de M’béra, pour leur plus grande majorité, les principales agglomérations (Nouakchott, Nouadhibou, Kiffa) et les villages de l’Est mauritanien. Il est à noter que ces chiffres sont vraisemblablement sous-estimés, en raison non seulement de la confusion statutaire entre migrants et réfugiés d


Intagrist el Ansari

Écrivain, Réalisateur