Cinéma

L’expérience anthropologique se poursuit – sur Avatar 3 de James Cameron

Anthropologue

Avec Avatar 3 : De feu et de cendres, James Cameron ne se contente pas d’ajouter un nouvel épisode à sa saga : il approfondit une réflexion anthropologique sur la pluralité des cultures, la guerre et les relations au vivant. En explorant les processus d’acculturation, les alliances stratégiques et les formes de symbiose entre humains, Na’vis et milieux de vie, le film offre un miroir saisissant des impasses et des possibles de notre condition planétaire.

Avatar 3 : De feu et de cendres, le troisième opus de la saga de James Cameron, vient de sortir sur les écrans en décembre. Si les spectateurs et spectatrices continuent à se déplacer avec enthousiasme pour suivre les aventures de Jake Sully et de sa famille sur la planète Pandora – plus de 5 millions d’entrées en France, au moment où j’écris ces lignes –, les critiques sont plus dubitatifs. Même si l’apparition du personnage de Varang, la cheffe du groupe des Mangkwans, jouée par Oona Chaplin, est appréciée, on impute à un manque d’inventivité scénaristique la multiplication des scènes de batailles. Sans prendre position dans l’arène de la critique cinématographique pour évaluer les qualités et les défauts de cet épisode, je souhaite souligner qu’il génère, comme les précédents, des idées qui nourrissent une réflexion anthropologique.

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On évoque souvent la place primordiale de la nature dans l’univers construit par Cameron, un réalisateur à la fibre écologique qui appelle à la protection des territoires autochtones contre les dégâts produits par les activités extractivistes. Mais le récit de la saga se construit également autour des problèmes soulevés par la pluralité des cultures et les phénomènes d’acculturation : le film raconte diverses manières d’habiter une planète selon les organisations sociotechniques développées par les Na’vis et par les humains.

Dans l’essai Comment habiter notre planète : Une lecture d’Avatar[1], j’explore cet angle d’analyse en expliquant comment Avatar (2009) et Avatar : La voie de l’eau (2022), permettent de faire une expérience anthropologique. Une part du succès de cette œuvre tient, selon moi, à ce qu’elle aborde quatre grandes interrogations interconnectées qui taraudent la période contemporaine : comment reconnaître et faire coexister la diversité des cultures ? Comment, dans cette perspective, sortir des dynamiques de guerre qui bouleversent en profondeur les sociétés humaines ? Comment, à l’heure de l’Anthropocène, mi


[1] Perig Pitrou, Comment habiter notre planète. Une lecture d’Avatar, Éditions Puf, 2025.

[2] Perig Pitrou, Ce que les humains font avec la vie, Éditions Puf, 2024.

[3] Denis Mellier et Perig Pitrou, Fragilité des vies humaines. Un dialogue entre anthropologie et psychanalyse, Éditions d’Ithaque, 2025.

[4] Sigmund Freud, Le Malaise dans la culture, Paris, Éditions Puf, 2015.

[5]  François Jacob, Le Jeu des possibles, Éditions Fayard, 1981.

Perig Pitrou

Anthropologue, Directeur d'études au CNRS

Rayonnages

CultureCinéma

Notes

[1] Perig Pitrou, Comment habiter notre planète. Une lecture d’Avatar, Éditions Puf, 2025.

[2] Perig Pitrou, Ce que les humains font avec la vie, Éditions Puf, 2024.

[3] Denis Mellier et Perig Pitrou, Fragilité des vies humaines. Un dialogue entre anthropologie et psychanalyse, Éditions d’Ithaque, 2025.

[4] Sigmund Freud, Le Malaise dans la culture, Paris, Éditions Puf, 2015.

[5]  François Jacob, Le Jeu des possibles, Éditions Fayard, 1981.