L’Iran est-il déjà entré en guerre civile ?
L’Iran est-il entré en guerre civile ? Est-il « sorti d’un trou pour tomber dans un puits », comme le dit le proverbe ? Telle est la question que nous devons nous poser, avec anxiété, dans l’attente d’éventuels nouveaux bombardements américains.

Certes, l’heure est au deuil, à la pudeur que l’on doit aux morts, et au respect qu’attendent leurs familles et leurs proches. Tout indique que la répression des manifestations a été terrible, sans précédents depuis au moins l’été 1988, quand des responsables de l’appareil judiciaire et de la prison d’Evin avaient froidement éliminé des milliers de prisonniers politiques après la signature d’un cessez-le-feu avec l’Irak, sur fond de débâcle militaire, et en réponse à l’offensive des Moudjahidines du peuple à partir de ce pays dans lequel ils s’étaient réfugiés, au risque d’apparaître comme des traîtres à la nation, frappée de plein fouet par la guerre d’agression de Saddam Hussein, en 1980.
Les dirigeants de la République islamique ont donc déjà apporté la preuve qu’ils pouvaient être impitoyables lorsqu’ils s’estimaient gravement menacés. Le nombre des victimes de 1988 n’a jamais été clairement établi bien que certains acteurs de l’époque se soient mis à parler, ces derniers temps. Il est vraisemblable qu’il en sera de même de celles de janvier 2026.
Le 22 janvier, la médecine légale comptabilisait 3 117 inhumations, selon les sources officielles rapportées sur Clubhouse. Dans la mesure où son intervention semble être un préalable nécessaire à tout enterrement, cette donnée peut être retenue sous réserve d’inventaire. Car nul ne peut exclure, en situation de crise et de panique, des enterrements « sauvages » à l’initiative des familles ou des autorités.
Ce qui est certain, c’est qu’un seuil a été franchi. Comment les deux Iran vont-ils pouvoir vivre ensemble ?
D’autres indications, émanant de l’opposition, bien sûr, mais aussi du milieu hospitalier, de témoins, et même d’institutions ou de cercles internes au régi
