L’alternative municipaliste à l’épreuve des urnes
En France, il est courant de ne voir dans les municipales qu’une simple répétition générale de la seule élection qui compterait réellement, l’élections présidentielle. Le scrutin local ne serait ainsi qu’une forme de « baromètre de l’humeur du pays », un moyen parmi d’autres de mesurer le rapport de force entre les différents partis politiques. Comme si savoir qui et comment seront gouvernées les près de 35 000 communes françaises ne constituait pas en enjeu politique en soi. Cette vision provient d’une réduction de la politique à une simple compétition pour le pouvoir au sein de l’arène nationale.

Une autre définition de la politique semble émerger des centaines de listes « participatives et citoyennes » (LCP) qui se présentent aux prochaines élections municipales. Ces candidatures formées par des citoyen.nes ordinaires, non-professionnel.les de la politique, visent à investir et transformer les mairies en promouvant la démocratie directe. Le renouvellement des formes de la démocratie commencera-t-il à l’échelle locale ? La résistance à la pente autoritaire globale du néofascisme peut-elle s’organiser à partir de l’espace local ? Enfin, le municipalisme peut-il constituer une alternative démocratique crédible, dans un contexte de défiance accrue envers les institutions représentatives ?
L’alternative du municipalisme : le cas de Barcelone en commun
Si le concept de « municipalisme » a par le passé décrit de nombreux projets politiques d’autogouvernement local, il a récemment ressurgi dans le contexte des « mairies du changement » en Espagne. En 2015, on a en effet pu observer la création de nouvelles plateformes citoyennes, formées par des novices en politique, des membres des mouvements sociaux et des partis politiques de gauche. Créant la surprise, ces listes ont gagné les élections municipales dans de nombreuses villes espagnoles, notamment Madrid, Valence, La Corogne ou Barcelone. Dans la capitale catalane, la coalition Barcelone en commun a ainsi por
