La dissuasion nucléaire n’est pas la solution, c’est le problème
Dans un article du 15 décembre 2025 intitulé « Après la dissuasion : le nouvel âge nucléaire », et publié dans Le Grand Continent, le haut fonctionnaire Louis Gautier analyse le nouveau contexte de la dissuasion nucléaire qui, de fait, la condamne, tout en s’efforçant de justifier le maintien d’une doctrine dépassée.

Nul ne saurait nier les « événements inédits et préoccupants » relatifs aux questions nucléaires mentionnés par l’auteur : frappes conventionnelles de deux États nucléaires (les États-Unis et Israël) contre les installations nucléaires civiles d’un pays inspecté jour et nuit par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) – l’Iran – présentation d’un nouveau missile balistique chinois et essai d’un missile de croisière russe à propulsion nucléaire, « propos inconsidérés » du président Trump sur la reprise des essais nucléaires, nouveau tir de missile balistique nord-coréen. À quoi l’auteur ajoutait, sans la qualifier, l’entrée en service du nouveau missile nucléaire aéroporté français.
On ne peut davantage nier « le comportement agressif de la Russie à l’abri de son « impunité nucléaire” » qui risque d’inspirer la Chine à l’égard de Taïwan. Il semble néanmoins abusif d’affirmer que c’est seulement à cause de l’agression russe contre l’Ukraine, même si elle a lieu dans une « ambiance nucléaire », que « le spectre de la menace nucléaire est ainsi revenu planer sur notre continent. »
Cette menace existe depuis que les armes nucléaires existent et que leur concentration est la plus élevée entre les puissances s’opposant en Europe : l’OTAN et la Russie (soit actuellement un total de 8 524 armes nucléaires opérationnelles sur un arsenal mondial de 9 614).
L’auteur explique l’« accès de fièvre nucléaire » actuel comme le symptôme d’une « anarchie durable » résultant du fait que « le recours à la force pour régler des différends étatiques s’accroît » et « s’affranchit désormais de tous préalables, de toutes obligations. »
