Les librairies dans l’arène politique
Des librairies taguées, des vitrines vandalisées, brisées et recouvertes d’affiches, des rencontres publiques perturbées, des libraires dénigrés et harcelés sur les réseaux sociaux, une librairie perquisitionnée, voilà une liste bien étrange de ce à quoi plusieurs librairies ont dû faire face récemment.

Il est difficile de prendre l’exacte mesure de ce phénomène, mais on peut dire malgré tout qu’il est suffisamment significatif pour que le Syndicat de la librairie française en fasse état et s’en inquiète publiquement. Il est également délicat de dater précisément l’augmentation de ces agressions et perturbations même s’il semble, à la lecture de la presse professionnelle, que ce phénomène se soit accéléré très rapidement et en quelques années seulement.
En étant percutées de plein fouet par la politique, en étant parfois contestées de façon violente, les librairies se retrouvent aujourd’hui face à la nécessité de se réinterroger, elles qui avaient ces dernières décennies tout fait pour rester des commerces ouverts à tous, neutres, indépendants, loin des conflits de la sphère politique. Seul petit geste symbolique, mais à la portée mesurée et peu conflictuelle, les libraires avaient l’habitude de trouver, surtout lors des années d’élections présidentielles, les livres des candidats la couverture retournée pour en cacher le titre. Une responsable d’un Relay Hachette le mentionne également comme une pratique courante dans son magasin. Mais ces petites actions de perturbation n’impactaient finalement pas vraiment le positionnement a-politique des librairies jusqu’à ce qu’elles soient, aujourd’hui, plus sérieusement bousculées. Alors qu’elles se considéraient comme de véritables sanctuaires, à l’abri des tensions politiques, tout se passe comme si les librairies étaient aujourd’hui déjà entrées dans l’arène politique.
Une vieille histoire entre les librairies et la politique
Comme le souligne Guillaume Husson, délégué général du syndicat des libraires, « pendan
