Un appel urgent
En refusant le spectacle de l’horreur, le temps est venu d’écouter les tonalités mineures, de tendre l’oreille sotto voce vers les murmures, vers les basses fréquences ; de trouver les oasis, les îlots, où la dignité de tous les êtres vivants est préservée.
« In Minor Keys », déclaration curatoriale de Koyo Kouoh, 2025
Nous sommes des artistes et curateur·ices invité·es de la 61e Exposition internationale d’art de La Biennale di Venezia conçue par Koyo Kouoh. En tant qu’acteur·ices culturel·les et qu’êtres humains ayant grandi et vivant dans une multiplicité de lieux à travers le monde, nous exprimons notre solidarité avec toutes les personnes soumises à des formes croissantes d’oppression systémique, d’inégalités et d’effacement, qu’il s’agisse du génocide et du nettoyage ethnique en Palestine, au Soudan et au Myanmar, ou de la violence généralisée, de l’occupation et de la guerre au Cameroun, au Congo, à Cuba, en Iran, au Cachemire, au Liban, au Mozambique, en Ukraine, au Venezuela et dans bien trop d’autres endroits. Tel est le monde dans lequel nous vivons, le monde dans lequel nous travaillons et le contexte global dans lequel la 61e Biennale sera vue et reçue.

Nous sommes engagé·es dans une pratique décoloniale active, fondée sur une politique antiraciste et sur la défense des droits humains, qui est au cœur de notre travail. Nous élevons la voix pour résister à l’intensification de la répression, de la censure et de la surveillance des espaces culturels et intellectuels.
Plus précisément, nous sommes rassemblé·es pour contester la décision de la Biennale de relocaliser exceptionnellement le pavillon israélien dans l’Arsenal. Intégrer le pavillon israélien dans des espaces proches de l’exposition principale « In Minor Keys », conçue par Koyo Kouoh, constitue une intrusion et va à l’encontre de la vision curatoriale de Kouoh, sa déclaration curatoriale et les principes de « solidarité radicale » qu’elle a formulés si clairement dans l’ensemble de son
