Réunir la femme et l’artiste – sur « Marilyn Monroe : 100 ans ! »
La mort prématurée de la star de téléréalité Loana Petrucciani, le 25 mars 2026, a ravivé les comparaisons avec celle de Marilyn Monroe, le 4 août 1962. Toutes deux ont en commun de multiples addictions, d’avoir été aux prises avec des industries culturelles qui ont formaté leurs images autour d’une hyper-sexualisation, un mythe qui se construit d’abord à partir de leur présence corporelle (ou sensuelle), d’avoir une mort aux allures de féminicide.

Toutes les théories autour de la mort de Marilyn Monroe, postulant entre autres un assassinat ou bien fomenté par le FBI ou bien par les Kennedy, et parfois les deux (ce serait oublier les mauvaises relations entre le clan et le directeur de l’agence J. Edgar Hoover), reviennent finalement à occulter une réalité encore plus sordide : le scénario officiel, celui de l’overdose, est non seulement le plus crédible mais le plus ordinaire pour une comédienne à Hollywood dans les années 1950. Pour tenir les horaires de tournage, les actrices d’alors étaient gavées d’amphétamines le matin et de barbituriques le soir auxquels se mêlaient les autres addictions qui rendaient un tel mode de vie supportable – l’alcool dans ce cas précis.
Marilyn Monroe a une mort (et une vie) de femme. Elle est celle dont MeToo a révélé le texte « Wolves I have known » où elle dénonce le harcèlement sexuel des directeurs de studio, celle qui a, comme une femme sur dix, subi l’endométriose, et, comme beaucoup d’autres, les violences conjugales, en l’occurrence du fait de son deuxième époux, Joe DiMaggio. Une femme, Marilyn l’est doublement : à la fois comme corps symbolique, c’est-à-dire comme matrice d’une représentation de « la » femme, mais aussi comme corps politique, enjeu d’un discours de réappropriation féministe.
Un paradoxe l’accompagne : elle est sans doute l’une des personnalités du cinéma sur laquelle on a le plus écrit et, toutefois, on ne sait rien d’elle. Pourtant, on peut compter parmi ses biographes Joyce Carol Oates, Ado Kyr
