Cinéma

Voler la vedette – sur Dao d’Alain Gomis

Critique

Septième long-métrage d’Alain Gomis, Dao achemine l’œuvre de son cinéaste vers une nouvelle dimension. Le primat accordé aux non-comédiens ainsi que la part laissée à l’improvisation se fait dans une constante recherche de nouveaux cadres de représentation pour les acteurs afro-descendants si bien que le film vient percuter le statut de son auteur lui-même, effacé derrière la force de ses personnages.

Le générique de fin de DAO d’Alain Gomis présente ses comédiens sur trois cartons différents. Le premier liste les noms, différents les uns des autres mais pour l’instant inconnus, du groupe d’acteurs et d’actrices qui interprète la famille franco-bissaoguinéenne de Gloria que l’on suit assister à une cérémonie en Guinée-Bissau pour honorer la mémoire de son père puis, un an plus tard, célébrer le mariage de sa fille. Le deuxième rassemble un certain nombre de patronymes similaires, des Gomis et des Mendy, dont le visage nous est lui aussi inconnu. Enfin, les « participations exceptionnelles » comptent de nombreuses vedettes que l’on reconnaît au fur à mesure du film : Samir Guesmi et Thomas Ngijol parmi elles.

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Ces derniers visages, Alain Gomis ne les introduit pas comme les autres c’est-à-dire dans cet espace tiers décrivant le processus de casting mené par le cinéaste et qu’il insère épisodiquement dans le corps de son récit. C’est ainsi que débute le film : près de quinze minutes dédiées à la préparation de l’actrice principale, Katy Correa (elle-même cousine du réalisateur), et ses adjuvantes à commencer par sa fille, interprétée par D’Johé Kouadio. Ces documents de tournage donnent un pendant à la fiction qui fait l’une des forces de DAO : l’élaboration d’autres figures d’acteur∙rices afro-descendant∙es.

Car Gomis conserve surtout les entretiens qu’il a passé avec ses futur∙es comédien∙nes dont DAO fait office pour beaucoup de premier rôle au cinéma. Par eux, il évoque non seulement les limites professionnelles auxquels se heurtent les acteur∙rices qui aspirent au cinéma français mais il dessine aussi les contours de ses rôles en opposition avec ceux pour lesquels on les emploie. L’une des actrices refuse alors de jouer une femme battue. Ces entretiens donnent aussi naissance à des témoignages plus personnels mais aussi, lorsqu’il s’agit d’amateurs ou d’acteurs de passage en Guinée-Bissau, à donner un cadre commun à la représentation où il s’agit moin


Élias Hérody

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