International

Des lieux de culture ukrainiens et français s’engagent à agir ensemble

Sous les alertes aériennes à Kyiv, les discussions se poursuivaient dans les sous-sols de l’Arsenal. En Ukraine, les lieux de culture sont devenus des lieux de refuge et de résistance. Depuis Marseille jusqu’à la capitale ukrainienne, opérateurs français et ukrainiens tracent désormais ensemble une coopération durable, structurée autour de quatre axes.

Que peut un lieu culturel face aux vertiges de notre époque ? Que peut un lieu de création, de diffusion, de recherche et de rencontres quand les défis se multiplient et s’agrègent ?

Péril de la guerre et tensions géopolitiques, vulnérabilité des populations, menaces sur l’espace informationnel et polarisation des opinions, rupture numérique, détournement des valeurs et pratiques artistiques et culturelles, crises de gouvernance et budgétaire… En raison, précisément, de leur ouverture sur le monde, nos centres ouverts à tous les courants n’échappent pas aux questionnements qui bousculent nos sociétés.

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Ils en sont même le reflet et, d’une certaine façon, le catalyseur puisque, dans les expériences que vit au quotidien le large public qui nous fréquente – citoyens jeunes et moins jeunes, artistes, professionnels de la culture, acteurs du débat public, membres associatifs… –, tout est prétexte à discussion et mise en perspective. Nous sommes des lieux où les expériences individuelles et collectives se croisent, se confrontent et produisent cet indispensable maillage du tissu social qui permet de penser et construire le commun.

A Kyiv, les portes se sont refermées il y a peu sur la 14e édition du Festival international du livre de l’Arsenal (28-31 mai 2026). Dans ce magnifique édifice de la fin du XVIIIe siècle – dont une partie de la toiture vient d’être endommagée par les terribles bombardements de la nuit du 15 juin –, des milliers de spectateurs sont venus comme chaque année à la rencontre des auteurs ukrainiens et d’une poignée d’invités d’autres pays. Dans un calme qui ne manque d’impressionner les visiteurs étrangers, les discussions se sont poursuivies dans les sous-sols du bâtiment lorsque les alertes raisonnaient. Le livre comme une évidence. Le dialogue et le débat comme un acte de résistance, alors même que l’événement se tenait seulement quelques jours après les terribles bombardements du 24 février qui ont à nouveau pris et abîmé des vies, mais a