Ce que les retraité.e.s font aux campagnes
Le 10 juillet dernier, le gouvernement annonçait la poursuite de « Villages d’avenir » pour l’ensemble du prochain mandat municipal. Lancé en 2023, le programme accompagne aujourd’hui 3 081 communes rurales et près de 5 600 projets. Parmi les défis auxquels il entend répondre figurent la revitalisation des centres-bourgs, l’attractivité, le logement, le commerce de proximité… mais aussi le vieillissement de la population.

Le vieillissement est devenu l’un des prismes à travers lesquels sont regardées les campagnes françaises. En corollaire les politiques publiques s’adaptent tant bien que mal : il « faut » maintenir les services, lutter contre l’isolement, faciliter les mobilités, adapter les logements, attirer de nouveaux habitants (pour « contrer » ce vieillissement). Dans cette lecture, les personnes âgées apparaissent surtout comme une population à accompagner, parfois comme le symptôme d’une fragilité territoriale[1].
Pourtant, lorsqu’on prend le temps de regarder ce qui se passe dans les villages et petites villes des campagnes, une autre réalité apparaît. Les personnes âgées ne sont pas seulement une population qui vieillit dans ces campagnes : elles sont aussi des habitant.es qui prennent part à leur vie collective. Elles organisent des fêtes, tiennent des associations, entretiennent des réseaux d’entraide, participent à des mobilisations ou s’investissent dans la vie municipale. Certaines le font avec une grande visibilité ; d’autres ne considèrent même pas ce qu’elles font comme un engagement.
« Non, moi, je ne fais rien », m’explique ainsi Henri*[2], retraité du bâtiment, rencontré par hasard dans un village du Cantal. Pourtant, il raconte qu’il aide régulièrement le comité des fêtes, participe à la tenue de la buvette lors d’événements sportifs, prépare des gâteaux pour la kermesse de l’école de ses petits-enfants et répond présent lorsque ses amis le sollicitent, par exemple pour monter le barnum d’une association. Il ne se dit pas engagé. Il
