Crise de la microfinance : qu’en est-il ?
«La microfinance n’est plus une utopie[1] ! » pouvait-on lire en 2007. Certes, elle a connu une expansion à l’échelle internationale qui laissait espérer une transition vers une économie plus humaine grâce à l’innovation financière à dimension sociale qu’elle portait.

En effet, la microfinance a été expérimentée par le microcrédit afin de permettre aux exclus bancaires d’accéder à l’argent soit pour financer une activité génératrice de revenu, soit pour améliorer les conditions de vie au moyen d’un microfinancement autre que celui des tontines, des banquiers aux pieds nus[2] ou des transferts d’économie sur salaires pour les pays en développement (PED), ou bien des crédits renouvelables ou différés de paiement par carte dans les pays industrialisés.
Mais, dans les pays à bas revenus[3], la microfinance, c’est aussi de la micro-assurance santé pour les bénéficiaires du microcrédit face aux différentes pathologies rencontrées (paludisme, par exemple), prenant des formes variées, telles que : les mutuelles de solidarité (MUSO) par exemple. Microcrédit et micro-assurance sont aussi parfois liées à de la micro-épargne pour des bénéficiaires dits « co-contractants » soit parce que l’épargne est un préalable à l’accès au microcrédit, soit parce qu’elle compose le modèle d’accompagnement social lié à l’octroi du microcrédit.
Par conséquent, le microcrédit ne correspond qu’à un seul des trois éléments structurant la microfinance sociale ou de marché[4]. Pourquoi dès lors avoir développé un focus sur ce seul élément structurant de la microfinance ? Quelles en sont les conséquences à la fois empiriques et théoriques ? La microfinance concerne-t-elle les publics de bénéficiaires les plus fragiles ou les plus vulnérables dans les PED ? A-t-elle permis à l’échelle mondiale de faire du microcrédit entrepreneurial qui réduise les activités économiques informelles ou au marché noir ? Les approches théoriques ne se sont-elles pas trop focalisées sur la performance totale, é
