Sortir du capitalisme de prédation
Faut-il dire « sauver la planète » ou « empêcher l’extermination » ? Les deux formules renvoient, au fond, à une seule et même réalité. Cependant, elles ne produisent pas du tout le même effet. L’une rassure ; l’autre dérange. L’une promet une mission héroïque ; l’autre oblige à regarder une catastrophe en face. Certains préféreront résolument la première, au nom des bonnes mœurs et de l’ordre public : gardons un langage mesuré, il y a des enfants dans la pièce après tout.

Pour autant, la question n’est déjà plus là. Bien plutôt, au point où nous en sommes arrivés, deux interrogations deviennent décisives face à la catastrophe écologique. La première est psychologique : qu’est-ce qui pousse réellement à agir, l’optimisme ou le pessimisme ? La seconde est politique : une fois décidé à agir, quel levier est aujourd’hui le plus efficace ?
À ces questions, la gauche répond généralement sans hésiter. Elle mise sur l’optimisme. Elle considère qu’un mouvement social ne peut se construire que sur des affects positifs : l’espérance rassemble, l’enthousiasme mobilise et la joie rend séduisante l’action collective. Pendant ce temps, la droite, elle, se rassemble volontiers autour d’autres passions : la peur, la colère, le sentiment du déclin et la promesse du rétablissement de l’ordre.
Cette opposition de styles a sans doute profondément structuré notre histoire politique. Mais est-elle encore pertinente aujourd’hui, face à la crise écologique ?
Enclencher la transition écologique
Pour apporter des réponses à toutes ces questions, imaginons un tableau à quatre cases. Premier axe : une posture d’optimisme ou de pessimisme (car il s’agit bien, au moins en partie, de postures affectives). Deuxième axe : deux stratégies de transformation du système économique. La première agit par l’offre, c’est-à-dire par le producteur engagé ; la seconde agit par la demande, c’est-à-dire par le consommateur engagé.
Deux combinaisons peuvent être écartées presque immédiatement. La premi
