L’inéquilibre
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Je m’appelle Alcide Pierantozzi et je suis un patient lucide, vigile, collaboratif, à l’élocution fluide.
Ma dernière fiche clinique dit que j’ai une mimique faciale mobile, modulable, que je souris seulement par moments, en accord avec les contenus exprimés, et que je suis orienté dans les quatre modes.
Le patient se présente avec un aspect très soigné, un comportement approprié.
S’il s’agissait d’un casting, ce serait déjà pas mal.
Le patient ne présente pas actuellement de symptômes de tics comme précédemment, la thymie est équilibrée. Il exprime toutefois une forte démoralisation due au traitement pharmacologique actuel : le remplacement de la Dépakine par la Lamotrigine (ajoutée à un traitement, depuis vingt ans, par Paroxétine 40 mg/jour et benzodiazépine) a été potentialisé avec du Bupropion, le résultat étant un bénéfice partiel exprimé par le patient, accompagné d’une augmentation parfois excessive de l’activité psychomotrice.
Le psychiatre de San Benedetto del Tronto qui le suit régulièrement avait posé un diagnostic de trouble bipolaire à cycle rapide présentant des traits anancastiques[1] et proposé précédemment différents traitements par Dépakine et aripiprazole. Ceux-ci ont été interrompus par la suite, le patient ayant fait état d’une sensation de gêne liée à l’incapacité d’exercer sa profession créative de romancier sous traitement antipsychotique.
Fumée : oui, trois cigarettes par jour, et trois joints par jour.
Toxicomanie : oui, précédemment jusqu’à dix joints par jour, cannabis et haschisch, cocaïne, benzodiazépine, popper, MDMA, LSD.
Café : oui, sept par jour.
Alcool : oui, précédemment, y compris alcools forts et spiritueux, mais abstinent depuis six ans.
Le patient nie la consommation d’alcool solitaire ou matinale. Le patient verbalise l’abus de boissons alcoolisées dans un but d’automédication avec pour résultat une réduction de la perméabilité émotionnelle, mais en contrepartie une dégradation au niveau social et professionnel.
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