Notre histoire – sur Retour au goudron du collectif Infernus Iohannes
Donc ce serait la fin ?
Cette fois-ci, vraiment, ce serait la fin. Pas la fin non-fin, celle par laquelle tout commence et a toujours commencé.

1. La fin ?
La vraie fin : la fin de « je me tais » et il n’y a plus rien après, sinon quelques entretiens pour accompagner le dernier geste.
Mais la fin de quoi au fond ?
Ce n’est pas parce qu’on dit « je me tais » que dans les faits, on arrête de parler. Un livre parle toujours, les livres parlent toujours, du moment qu’ils circulent encore ou qu’on peut les ouvrir ou les rouvrir, quelque part. Ils peuvent dire qu’ils se taisent, ils continuent à parler. Un personnage peut se taire dans un livre, un auteur peut arrêter d’écrire, il n’empêche, leurs textes continuent à parler.
Antoine Volodine nous dit pourtant : avec ces publications d’Infernus Iohannes, c’est la fin. Et l’un des livres se clôt sur cette phrase : « Je me tais. »
Un personnage, qui est aussi auteur, ou un auteur qui est aussi personnage, puisqu’il apparaît dans certains livres (notamment dans Dernière livraison comme co-auteur d’un livre dans le livre, « Chantons sous la suie », avec Maria Soudaïeva), donc Antoine Volodine dit que ça y est, l’expérience littéraire à laquelle il a contribué largement en signant presque exactement la moitié des quarante-neuf livres s’achève.
Et c’est un autre personnage qui est aussi auteur, Infernus Iohannes (présent dès la publication du premier livre d’Antoine Volodine, Biographie comparée de Jorian Murgrave, en 1985, et depuis lors régulièrement évoqué, avant d’apparaître comme auteur du bien « réel » Débrouille-toi avec ton violeur paru en 2022 aux Éditions de L’Olivier), qui prend le relais et à qui il revient de dire les derniers mots, depuis longtemps annoncés, « je me tais ». Le personnage d’Infernus Iohannes est une sorte de golem qui traverse la fiction et finit par prendre forme imprimée, sur une couverture de livre.
Ces mots, « je me tais » on les trouve en clôture d’un des onze livres qui portent cette
