Ce que dissimule le greenbacklash de la finance
Alors que les épisodes caniculaires et de sécheresse directement liés à la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère se multiplient en France à l’été 2026, TotalEnergies affiche une santé financière remarquable doublant ses profits au deuxième trimestre de l’année (résultats nets atteignant 5,4 mds de dollars).

Mais derrière ce succès financier largement commenté, un autre chiffre, seulement rendu obligatoire par les réglementations européennes dont porte cet article, a échoué à faire le tour des plateaux télé : en 2026 les émissions des gaz à effet de serre de la multinationale s’élèvent à 180,2 millions de tonnes, l’équivalent à 1/5 du bilan carbone annuel de la France. Un contraste frappant entre des bénéfices réservés aux actionnaires et une facture climatique payée par tous.tes.
Alors même que la comptabilité carbone, le reporting extrafinancier et les obligations de transparence environnementale démontrent toute leur pertinence pour évaluer la performance réelle des entreprises européennes, une question centrale se pose : pourquoi ces instruments font-ils aujourd’hui l’objet de remises en cause, tant dans les espaces institutionnels de fabrique des politiques publiques que dans l’espace public (à l’image des mobilisations agricoles) ?
Hier portées par une forte volonté politique, ces règles sont désormais prises dans la tempête qui marque le second mandat d’Ursula von der Leyen à la tête de la Commission européenne. Certains spécialistes de l’action publique désignent ce phénomène par le terme de backlash (ou greenbacklash lorsqu’il cible spécifiquement l’environnement), l’enjeu ne consiste plus seulement à constater ce retour de bâton, mais à en documenter les modalités, les ressorts et les logiques sous-jacentes : que dissimule réellement le backlash ?
Le 26 février 2025, la Commission européenne a publié la première des dix propositions dites « Omnibus », explicitement conçues pour « simplifier » le « fardeau bureaucratique » (red t
