International

Un rapide message d’utilité publique sur les élections en Saxe-Anhalt

chercheur en littérature comparée

Les scores de l’AfD dans le Land de Saxe-Anhalt le 6 septembre 2026 et leur traitement médiatique et politique en Allemagne amènent à examiner les pathologies médiatiques qui ont rendu possible la normalisation de l’AfD. Ou comment des responsables politiques et des médias de centre-droit fabriquent l’extrême droite.

Je n’avais pas prévu d’écrire sur l’élection en Saxe-Anhalt. J’écris ce billet depuis Salt Lake City, dans l’Utah, au sujet d’un pays dont je suis de près la politique et les médias, mais que je visite avec une fréquence décroissante, et dont chaque nouveau voyage m’apprend de moins en moins.

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Je ne suis pas exactement un témoin de première main de cet épisode précis, et je sais pertinemment que les personnes les plus affectées par cette élection auront le plus de mal à se faire entendre dans le débat public, en Allemagne comme aux États-Unis. Je ne suis pas certain que vous ayez besoin de m’entendre vous dire ce que pensent, ou ne pensent pas, des électeurs qui se trouvent à plus de 9 000 kilomètres d’ici.

Ainsi, je pensais au départ ne pas commenter ces élections. Ce qui constitue en soi une indication, tant le résultat du scrutin du 6 septembre fut, somme toute, presque sans surprise. Nous savions que l’AfD, parti d’extrême droite, atteindrait un score proche de la majorité absolue mais sans véritablement y parvenir. Et nous savions que parmi les nouvelles voix qu’il parviendrait à rassembler, celles-ci viendraient majoritairement de la CDU de Friedrich Merz. Anticiper cela était pesant, épuisant. Cet épuisement était palpable chez des amis et membres de ma famille en Allemagne avec lesquels j’ai pu m’entretenir ces jours-ci. J’imagine qu’il y avait eu l’espoir, même faible, d’une vague de fond anti-AfD, une prise de conscience que les gens ne cessent d’appeler de leurs vœux mais qui jamais ne semble vouloir se réaliser. Mais qu’il y avait aussi la crainte que se manifestent des partisans « silencieux » de l’AfD et que l’extrême droite ne surperforme. A présent, les instituts de sondage allemands détectent parfaitement le soutien à l’AfD – comment pourrait-il en être autrement avec de tels chiffres ?

Nous savions ce qui allait se passer non seulement parce que tous les sondages nous l’avaient dit, mais aussi parce que cela tenait de la logique la plus él


[1] NdT – Référence à un mème tiré d’une scène de It’s Always Sunny in Philadelphia.

Adrian Daub

chercheur en littérature comparée, professeur à l'université de stanford

Mots-clés

Extrême droite

Notes

[1] NdT – Référence à un mème tiré d’une scène de It’s Always Sunny in Philadelphia.