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Zidane, démons et merveilles

Journaliste

L’arrivée de Zinédine Zidane aux commandes de l’équipe de France est l’événement footballistique de cette rentrée mais également un fait politique à quelques encablures d’une élection présidentielle brûlante comme les relations franco-algériennes. La nomination du plus illustre des enfants de l’immigration envoie un message d’optimisme : la France black-blanc-beur de 1998 respire encore. Mieux : dorénavant le patron c’est Zizou.

Trois coups de tête en contrepoint ont fabriqué sa légende : deux face au Brésil et un dans la cage thoracique de l’Italien Marco Materazzi, qui, soit dit en passant, lui doit sa notoriété.

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Sans le résumer, ce triptyque conte l’histoire d’un homme complexe : « monsieur Tout-le monde » (sic) dans sa tête mais icône universelle, génie du jeu mais collectionneur de cartons rouges, pudique mais égérie de la maison Dior, timide mais solaire, réservé mais faisant autorité, dont le filet de voix contraste avec une gestuelle sur son terrain d’expression élevée au rang d’art.

Cet entre-deux estampille également ses origines. Zinédine Zidane est de deux rives. Il est né en 1972 à Marseille – dont il est la fierté – de parents algériens. Les stéréotypes réducteurs nourris de tensions mémorielles voudraient l’assigner à un statut d’Algérien en France et de Français en Algérie mais lui a toujours assumé pleinement sa double appartenance. Il se dit profondément fier de son identité française, au point donc de devenir le sélectionneur national, tout en témoignant un fort attachement à ses racines kabyles. Sa trajectoire de vie – du quartier de la Castellane au Stade de France – qui échappe aux lectures politiques dominantes du moment, son acharnement au labeur inculqué par son père, sa réussite au-delà de tous les standards, et sa personnalité fédératrice qui fut longtemps la préférée des Français, tout chez lui livre un contre-récit bien embarrassant pour les salisseurs de l’immigration. Zidane c’est une certaine idée de la France, qui relève de l’addition et non de la soustraction.

Car contrairement aux coreligionnaires de sa caste que furent Pelé, Cruyff ou Maradona, Messi ou Ronaldo au XXIe siècle, il n’est pas Mozart mais plutôt Picasso, qui ne reniait pas l’existence de l’inspiration à condition que celle-ci vous trouve au travail. De Cannes, où il fut formé, à Madrid en passant par Bordeaux, ZZ a beaucoup bossé, s’est beaucoup nourri, toujours avec respect et humi


Nicolas Guillon

Journaliste

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