La longue éclipse de la gauche italienne
Les élections nationales de 2027 approchent et la constellation de droite et d’extrême droite italienne est solidement installée au pouvoir, faute d’opposition sérieuse.

Giorgia Meloni dirige désormais le gouvernement le plus long de l’histoire de la République italienne (le 4 septembre, elle célébrait à Bari, en l’absence remarquée de ses alliés, ses 1 413 jours) et la presse internationale s’enthousiasme à nouveau pour cette cheffe d’État qui a « ouvert la voie du pouvoir à l’extrême droite » en « fusionnant populisme et modération ». Sa position apparaît d’autant plus forte sur le plan international, que l’avenir des exécutifs européens vacille de la France à l’Allemagne, de la Grande-Bretagne à l’Espagne.
Seule ombre au tableau, la présence dérangeante de l’ex-général Roberto Vannacci et de son nouveau parti, Futuro nazionale, crédité dans les sondages de 8 % des intentions de vote — près du double de la Lega, et légèrement devant Forza Italia. Un parti qui se veut la « vraie droite » et revendiquerait déjà 130 000 membres. Quant à la « gauche », la constitution de ce qu’elle appelle le « campo largo » (le large champ de l’opposition) se résume de plus en plus à une agitation squelettique et désordonnée, bien en deçà des enjeux qu’ouvre 2027 en Italie comme ailleurs, et de la situation du pays. Une occasion de revenir sur la désagrégation de la gauche italienne, sur ses raisons et ses conséquences…
Il y a près d’un quart de siècle, le réalisateur Nanni Moretti s’exclamait : « Avec ce type de dirigeants, nous ne gagnerons jamais. » C’était le soir du 2 février 2002, après une manifestation avec le mot d’ordre de « la loi est égale pour tous », l’une des nombreuses mobilisations de masse contre Silvio Berlusconi auxquelles avaient participé des membres de la coalition de centre gauche, alors appelée l’Ulivo (l’Olivier). Quelques mois plus tôt, cette dernière avait perdu les élections nationales, marquant le retour triomphal de Berlusconi et de sa coalit
