Cinéma

Marine Atlan : « Il y avait un dialogue entre l’éruption volcanique et le déterminisme social »

Critique

Alors que la mobilisation massive des lycéen·nes bat son plein, La Gradiva est comme un film d’anticipation, constamment traversé par des enjeux politiques, des questions de déterminisme à celles d’égalité. Jeunes casté·es en manifestation, couleurs vives et lumière chaude, perspective sociologique : Marine Atlan revient pour AOC sur le travail autour de son premier film en tant que réalisatrice.

Dès l’un des premiers plans où des rails se fondent dans le très gros plan d’un œil, on sait que le premier long métrage de la talentueuse cheffe opératrice Marine Atlan (L’Engloutie de Louise Hémon ou Le Ravissement d’Iris Kaltenbäch) va jouer sur la collision.

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En voyage scolaire à Naples, une classe de terminale de Montrouge découvre l’art antique et la liberté du désir. Pas facile d’offrir de la nouveauté avec le genre plus que sillonné par le cinéma d’auteur européen du coming of age. Marine Atlan le fait pourtant avec grâce et force en osant le réalisme social, le romanesque et le formalisme à la fois.

Traversé par des enjeux de mixité sociale et de conscience politique en formation, La Gradiva aurait pu être un documentaire dans la veine de Guillaume Brac avec Ce n’est qu’un au revoir en 2024 ou Jonás Trueba avec Qui à part nous en 2021, tant Marine Atlan a travaillé son scénario comme une écriture de plateau, à partir d’entretiens de jeunes gens et de discussions avec ses acteurs et même en suivant un voyage scolaire. La Gradiva sculpte dans le temps présent pour mieux le mettre en perspective avec les âges passés. Le long processus de casting sauvage qui l’a amenée à chercher ses comédiens en manifestation donne un visage si contemporain qu’il représente par anticipation les motifs de la protestation lycéenne massive qui s’élève depuis plusieurs semaines dans toute la France. R. P.

Comment s’est passée la première discussion avec votre productrice Inès Daïen Dasi (Les Films du poisson) quand vous lui avez annoncé que pour votre premier film, vous vouliez emmener l’équivalent de toute une classe de lycéens à Naples, filmer ce groupe dans les rues et faire un film de près de 2h30 ?
Je n’ai pas tout dit d’un coup ! Sans doute parce que je n’en avais initialement pas pris la mesure. J’avais le fantasme d’un film peu cher, fabriqué rapidement, parce que je le voulais ainsi dans l’écriture, dans le geste de cinéma. L’intention première était d’aller sais


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