A Analyse

International

Le nationalisme religieux, un phénomène à part entière

Journaliste

La victoire de Jair Bolsonaro vient d’offrir une nouvelle victoire aux nationalismes religieux. Ni spiritualisation du nationalisme, ni politisation de la religion, ce mouvement politique concerne désormais l’ensemble de la planète, sanctuarisant territoires, peuples et institutions en vue de produire des politiques xénophobes et liberticides.

Au Brésil, les électeurs viennent de porter à la présidence Jair Bolsonaro, un ancien militaire nostalgique de la dictature, porté par une écrasante majorité des évangéliques, très influents dans ce pays et dont le slogan de campagne était « Le Brésil au-dessus de tout, Dieu au-dessus de tous ». Cette tendance avait déjà pu être observée aux États-Unis où le président Trump a su mobiliser à son profit les chrétiens conservateurs dont une part significative voit dans l’Amérique blanche le nouveau peuple élu. En Turquie, le tout-puissant président Erdogan ne répugne pas à être comparé à un sultan et incarne un néo-ottomanisme mêlant nationalisme turc et islam conservateur.

Le conflit entre l’Ukraine et la Russie vient de prendre un tour théologique avec la proclamation d’une Église orthodoxe ukrainienne autocéphale soutenue par le président Porochenko, en rupture avec le patriarcat de Moscou, sur lequel Vladimir Poutine s’appuie depuis déjà de longues années. En Israël, Benyamin Netanyahou dont on ignore la profondeur des convictions religieuses, parvient à merveille à incarner un nationalisme juif intransigeant ayant pour objectif d’agrand...

Olivier Da Lage

Journaliste, Directeur de l’ouvrage collectif L’Essor des nationalismes religieux