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La triple impasse de la politique commerciale de l’UE

Economistes

L’annonce de la finalisation d’un accord de commerce avec le Mercosur et le processus de ratification expresse pendant l’été du CETA posent une nouvelle fois la question du bien-fondé de la politique commerciale européenne. Imaginée en pleine période de la globalisation triomphante, aucune refondation n’est prévue malgré les profondes mutations du commerce international, les menaces que font peser Donald Trump et l’émergence de la puissance chinoise, ou les défis du chômage de masse, de l’évasion fiscale, des dérèglements climatiques ou de l’effondrement de la biodiversité.

Première puissance commerciale mondiale, l’Union européenne (UE) n’a jamais faibli dans sa détermination à libéraliser toujours plus les flux de commerce et d’investissement. De vieux accords de commerce, notamment avec les pays pauvres, ont d’abord été renégociés pour en faire de véritables accords de libéralisation du commerce, s’attaquant notamment aux secteurs agricoles jusqu’ici largement protégés.

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Et de nouvelles négociations ont été ouvertes avec des pays et régions riches (Singapour, Corée du Sud, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande etc) et moins riches (Mexique, Viêt Nam, Mercosur, etc) afin d’offrir de nouveaux débouchés aux multinationales européennes, notamment dans les domaines des services et de l’agroalimentaire. Alors que plus d’une vingtaine d’accords sont en cours de négociation, l’UE a déjà signé 42 accords commerciaux avec 70 pays tiers et elle a désormais supprimé tout ou partie des droits de douane sur près de trois quarts de ses importations.

Les fondements stratégiques de cette politique ont été consignés en 2006 dans

Amélie Canonne, Maxime Combes et Léo Charles

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