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Société

Industrie du développement : les mésaventures des modèles voyageurs

Anthropologue

Micro-crédit solidaire, titrisation foncière, paiement basé sur la performance, transferts monétaires, prévention de la transmission du Sida de la mère à l’enfant, aliments thérapeutiques contre la malnutrition infantile, promotion des pratiques familiales essentielles constituent autant de « modèles voyageurs », promus, selon les cas, par la Banque mondiale, l’OMS, l’UNICEF, MSF, et bien d’autres « partenaires du développement ». Ils consomment une grande partie de l’aide au développement, et fournissent des centaines de milliers d’emplois. Mais comment faire en sorte qu’ils s’adaptent mieux, chaque fois, aux réalités locales ?

Dans le monde de l’aide au développement et de l’aide humanitaire, structuré par les institutions des Nations Unies, les banques de développement, les agences de coopération, les fondations, et une multitude d’ONGs petites et grandes, les interventions standardisées dominent. Élaborées par des experts internationaux, financées par les bailleurs de fonds, implantées par des organisations ad hoc (les « projets de développement ») ou par les administrations des pays bénéficiaires, ces interventions standardisées (sous forme de politiques publiques, de programmes, de projets, de protocoles) sont implantées de façon à peu près identique d’un pays à l’autre dans le Sud, et en particulier en Afrique.

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Micro-crédit solidaire, titrisation foncière, paiement basé sur la performance, transferts monétaires (cash transfers), prévention de la transmission du Sida de la mère à l’enfant, aliments thérapeutiques contre la malnutrition infantile, promotion des pratiques familiales essentielles, sont autant d’exemples contemporains, parmi bien d’autres, de « modèles voyag...

Jean-Pierre Olivier de Sardan

Anthropologue, directeur de recherche émérite au CNRS et directeur d’études à l’EHESS