A Analyse

Société

Séparations conjugales : qui paie (ou pas) pour les enfants ?

Sociologue et politiste, Sociologue

L’annonce de la création en juin prochain d’un nouveau service public de versement des pensions alimentaires a de quoi surprendre. Il est présenté par le gouvernement comme une réponse aux revendications des mères modestes élevant seules leurs enfants, très présentes parmi les « gilets jaunes ». Mais ce nouveau dispositif serait-il rendu nécessaire par l’inefficacité de ceux qui l’ont précédé ? Peut-on raisonnablement penser qu’il sera plus effectif que ces derniers ?

Dans un contexte marqué par le recul des services publics sur l’ensemble du territoire, l’annonce a de quoi surprendre : à compter de juin 2020, sera créé un nouveau « service public de versement des pensions alimentaires », présenté comme la réponse gouvernementale aux revendications des mères modestes élevant seules leurs enfants, très présentes parmi les « gilets jaunes ».

L’inscription de cette réforme dans l’actualité politique immédiate est une deuxième source d’étonnement : le non-paiement des pensions alimentaires est loin d’être un enjeu récent et les dispositifs publics visant à lutter contre ce phénomène ne sont pas nouveaux. Le premier d’entre eux, permettant le recouvrement des pensions par huissier, date de 1973, il y a près de cinquante ans ! Ce nouveau dispositif serait-il rendu nécessaire par l’inefficacité de ceux qui l’ont précédé ? Peut-on raisonnablement penser qu’il sera plus effectif que ces derniers ?

Il existe de longue date deux grands mécanismes de prise en charge économique des enfants dont les parents sont séparés....

Emilie Biland

Sociologue et politiste, Professeure des universités à Sciences Po, Centre de Sociologie des Organisations

Hélène Steinmetz

Sociologue, Maître de conférences en sociologie à l’université du Havre