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International

Trump, Biden et la crise du coronavirus

Politiste

Tout semblait favorable à Donald Trump, candidat pour sa réélection en novembre 2020 : la conjoncture économique, la division de ses opposants… Mais ici encore, l’épidémie de Covid-19 bouleverse les pronostics, et les réactions des Démocrates et des Républicains face à ce phénomène seront déterminantes. À la communication erratique de Trump s’oppose le calme, certes un peu terne, de Joe Biden, et l’action raisonnable de gouverneurs démocrates. Quelle attitude sera-t-elle la plus à même de convaincre ?

Trump avait raison, bien avant le début de la saison des primaires. Joe Biden était le candidat à abattre, le plus dangereux pour sa réélection, celui qu’il fallait traîner dans la boue en révélant son népotisme et les intrigues ukrainiennes de son fils, Hunter Biden. Ce dernier, nommé grâce à l’influence paternelle au conseil d’administration de Burisma (une compagnie gazière et pétrolière ukrainienne) était grassement rémunéré pour un travail peu exigeant, sans être manifestement corrompu.

C’est d’ailleurs en partie à cause de Hunter Biden que Trump fut mis en accusation (impeached) devant le Congrès. Le président avait commis un  « abus de pouvoir » selon le premier article de mise en accusation voté par la Chambre des représentants. Il était, en effet, accusé d’avoir fait pression sur un leader étranger pour l’obliger à enquêter sur le fils Biden en menaçant de retirer l’aide militaire octroyée par le Congrès à l’Ukraine.

La mise en accusation, votée par la majorité des membres de la Chambre des représentants, menait nécessairement à un procès en destitution devant le Sénat où chacun des élus agirait comme un juge. L’extrême polarisation politique du ...

Denis Lacorne

Politiste, Directeur de recherche émérite au CERI-Sciences Po