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Environnement

Covid-19 et politiques énergétiques : choc majeur ou déstabilisation mineure ?

Politiste

Alors que la crise sanitaire frappe encore durement le monde, la Convention citoyenne pour le climat née suite à la crise sociale des gilets jaunes a remis ses propositions le 21 juin, pour répondre à la crise écologique. À l’intersection de ces trois crises, on trouve la question de l’énergie, et plus précisément de la politique énergétique. Assiste-t-on aujourd’hui à un choc majeur aux effets durables ou une déstabilisation mineure aux effets temporaires ?

Le 27 mai 2020, la Commission Européenne a présenté les contours d’un plan de relance de 750 milliards d’euros (répartis entre dotations et prêts). Si son « degré d’ambition écologique demeure encore incertain » (Institut Veblen), l’accélération du « Green Deal », ou « Pacte vert », constitue l’un des axes annoncés comme prioritaires tandis qu’il est envisagé d’introduire une taxe carbone aux frontières de l’UE pour pénaliser les importations de produits fabriqués par des industries polluantes et rembourser une partie des emprunts liés à ce plan de relance.

Le 15 juin 2020, le pétrolier britannique BP annonce la dépréciation de 17,5 milliards de dollars d’actifs pétroliers, anticipant que les conséquences de la pandémie accélèreront le rythme de la transition vers une économie et un système énergétique à plus faible intensité carbone. Le 22 juin 2020, l’agence de notation Standard & Poor’s dégrade la note d’EDF de A- à BBB+.

La veille, la Convention citoyenne pour le Climat (CCC), initiée à la suite du mouvement des Gilets jaunes et composée de 150 cit...

Pierre Wokuri

Politiste, Doctorant à Sciences-Po Renne