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Les généraux et la Constitution : autopsie du coup d’État en Birmanie

Constitutionnaliste

Après le coup d’État du 1er février, suivi de neuf jours de manifestations ininterrompues et de désobéissance civile, le régime militaire a commencé dimanche 14 février à déployer son arsenal répressif en Birmanie, signant définitivement l’échec de la transition démocratique. Initiée par la constitution de 2008 elle apparaît pour ce qu’elle a toujours été pour la junte : un alibi, un partage de façade du pouvoir. Mais elle a aussi permis à la population d’entrevoir un autre mode de fonctionnement politique, et de développer une capacité de résistance et de résilience qu’il ne faut pas sous-estimer.

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Le 1er février 2021, un nouveau coup d’État était orchestré au Myanmar (ex-Birmanie) par les hauts-militaires du régime. Alors que cet État semblait s’être engagé depuis 2012 dans une transition politique d’un régime militaire autoritaire vers un régime civil plus ouvert, l’organisation d’élections libres en novembre 2015, la victoire de la Ligue nationale pour la démocratie (NLD – National League for Democracy) emmenée par Aung San Su Kii puis le laborieux processus du dialogue politique national (21st Century Panglong Union Peace Conference) engagé à la...

Xavier Philippe

Constitutionnaliste, Professeur de droit public à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne