Des outils pour s’orienter dans la pensée écologique
Qui s’intéresse aux questions brûlantes liées à l’habitabilité de la Terre, aux actions et réactions écologiques urgentes et nécessaires et à la meilleure manière de les entreprendre et susciter, constate la richesse et la grande diversité des pensées de l’écologie. Fortes de nombreux courants, de nombreuses autrices et auteurs, de multiples axes et crédos passionnants et suggestifs, celles-ci foisonnent en effet[1]. Pour aider à s’y retrouver, des ouvrages et travaux de vulgarisation existent.

Nous évoquons ici deux cartographies intéressantes en tant que points de départ. Ce faisant nous pointons la nécessité philosophique d’envelopper ce foisonnement dans un axe problématique et une perspective unifiés. Dans la lignée des travaux de Gérald Hess, l’écologie en première personne, et plus particulièrement l’écophénoménologie, semblent pouvoir fournir un fondement puissant à cette diversité.
La cartographie de Thomas Wagner
Une vue d’ensemble des pensées écologiques est proposée par Thomas Wagner avec sa « carte des pensées écologiques » réalisée en collaboration avec le média Fracas. Avec tous les défauts liés à la cartographie et aux choix inhérents à toute carte[2], ce document fournit utilement une première grille de lecture au non-spécialiste pour naviguer dans la constellation de la pensée écologique. Sont définies huit « grandes familles des pensées écologiques » : les écologies anti-industrielles, les écologies libertaires, les écoféminismes, les éthiques environnementales, l’écosocialisme, les écologies décoloniales, le capitalisme vert, et enfin les écofascismes. Pour chaque famille, Wagner cite quelques auteurs selon lui représentatifs, sans prétendre à l’exhaustivité ni se prémunir de certaines étrangetés[3]…
Cette carte-boussole[4] en main, il conviendrait de chercher ensuite à articuler ces différentes familles dans un axe problématique qui les mette en perspective les unes par rapport aux autres, les hiérarchise, et permette d’en rejeter cert
