Des élus ruraux proches de leur population ?
Exit les ambitions nationales, place aux élus locaux. Le second gouvernement de Sébastien Lecornu, mis en place le 12 octobre dernier, rassemble plusieurs élus dits de terrain dont l’ancrage dans les territoires, surtout s’ils sont ruraux, est présenté comme un gage de proximité avec les Français.

Michel Fournier, président de l’Association française des maires ruraux, participe ainsi au gouvernement où siège également Sébastien Martin, président de l’association de promotion de la coopération intercommunale. Le premier est maire d’un village dans les Vosges. Le second, conseiller départemental d’un canton rural, préside une communauté d’agglomération en Saône-et-Loire.
Ruralité rime avec proximité. La vie municipale est naturellement associée à l’idée de démocratie locale, tout particulièrement dans les petites localités, où les élus sont censés échapper au discrédit qui touche les professionnels de la politique. La crise qui affecte la représentation politique depuis les années 1990 renforce de telles projections enchantées sur l’échelon local de la vie politique. Mais qu’en est-il réellement ? Les élus ruraux sont-ils forcément proches et à l’image de leur population ? Cette question, que j’aborde dans un ouvrage récemment paru, Des élus en campagne, se pose avec acuité à l’approche des élections municipales.
Des territoires populaires administrés par des élites sociales
Il faut d’abord souligner que les territoires ruraux se singularisent par le poids de leur composante populaire. Plus on s’éloigne du cœur des grandes villes, plus la part des classes populaires dans la population augmente. Les ouvriers, surreprésentés dans les campagnes françaises, sont particulièrement nombreux dans les petites villes qui se sont développées depuis la fin du XIXe siècle avec l’implantation d’établissements industriels. Même lorsqu’ils sont en proie à la désindustrialisation, ces bourgs gardent leur caractère très majoritairement populaire jusqu’à aujourd’hui. Environ
