Venezuela : un continent face à l’agression
Le monde s’est réveillé le 3 janvier dans la stupeur. Les États-Unis sont intervenus militairement sur le sol vénézuélien en bombardant dans la nuit des infrastructures portuaires et installations militaires, et ont procédé à l’arrestation extraterritoriale de son président, Nicolás Maduro, ainsi que son épouse Cilia Flores.

L’opération militaire Absolute Resolve était en préparation depuis des mois grâce à une infiltration de la CIA. Cette opération militaire est autant le produit d’une longue trajectoire de crise au Venezuela, que la fin d’une escalade de la tension entre les États-Unis de Donald J. Trump et le Venezuela de Nicolás Maduro. Elle constitue l’irruption de la force dans le continent et la fin d’un ordre.
Depuis 2014, le Venezuela s’était enfoncé dans une crise multiforme : économique, politique, sociale, humanitaire. Arrivé au pouvoir en 2013 succédant à Hugo Chávez, Nicolás Maduro et son entourage ont été les principaux protagonistes de l’effondrement du pays, de ses institutions et de sa démocratie. Si de très nombreux épisodes ont jalonné cette longue chute[1], la fraude massive des dernières élections de juillet 2024 ont fini de délégitimer Nicolás Maduro aux yeux de la communauté internationale (à quelques rares exceptions, telles que la Russie, l’Iran ou le Nicaragua). Accusé de crimes contre l’humanité par la Cour pénale internationale (CPI), en novembre 2021, le régime chaviste est également responsable de plusieurs milliers d’exécutions extra-judiciaires, de détentions arbitraires, de tortures et disparitions forcées (Rapports du Haut-Commissariat aux droits de l’homme).
Ajoutons à ce sombre tableau la manière avec laquelle le gouvernement de Maduro a maintenu pendant près d’une décennie la population vénézuélienne dans une situation de grande pauvreté et face à une corruption et une criminalité galopantes. Par conséquent, personne ne pleure aujourd’hui son départ. Toutefois, le peuple vénézuélien aura à peine eu le temps de se réjo
