International

L’opération « Absolute Resolve » face au droit international

Juriste, Juriste

L’agression contre le Venezuela passe outre la charte de l’ONU. Donald Trump vante le pouvoir des États-Unis de violer impunément le droit international. L’opération constitue pourtant l’acte déclencheur d’un conflit armé international et à cet égard appelle l’application du droit international humanitaire. Analyse juridique d’une situation inédite.

Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026, on le sait, de puissantes explosions se sont produites à Caracas, capitale du Venezuela, et ses environs. Quelques heures plus tard, un communiqué du gouvernement dénonçait « la très grave agression militaire perpétrée par l’actuel gouvernement des États-Unis d’Amérique [comme constituant] une violation flagrante de la charte des Nations unies ». Puis, plus loin, affirmait que le Venezuela « [e]n stricte conformité avec l’article 51 de la charte des Nations unies, […] se réserv[ait] le droit d’exercer sa légitime défense pour protéger son peuple, son territoire et son indépendance. »

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De son côté, Donald Trump a pris la parole depuis Mar-a-Lago pour donner sa version de l’opération militaire menée sans l’aval du Congrès des États-Unis. Estimant qu’il s’agit d’une « assaut comme on en n’a pas vu depuis la Seconde Guerre mondiale », il confirme le déploiement de troupes aérienne, terrestre et maritime « pour lancer un assaut spectaculaire ». Il confirme également la capture de Nicolás Maduro et de son épouse qui doivent être jugés à New York « en raison de leur campagne de narcoterrorisme meurtrière contre les États-Unis et leurs citoyens ». Il affirme ensuite que les États-Unis vont « diriger le pays jusqu’à ce que nous puissions nous assurer d’une transition sûre, appropriée et judicieuse ».

Il menace également d’une deuxième attaque « beaucoup plus importante, si nécessaire » et annonce l’arrivée de compagnies pétrolières américaines afin d’exploiter les ressources du pays. Il indique enfin que « les États-Unis conservent toutes les options militaires jusqu’à ce que leurs exigences soient pleinement satisfaites » avant de conclure qu’il a, lors de l’offensive qu’il a suivie en direct, « assisté à l’une des attaques les plus précises contre la souveraineté ». Si les yeux se tournent désormais vers le Groenland, la Colombie ou Cuba, cette analyse met en lumière quelques éléments choisis de droit international en lien avec


Julia Grignon

Juriste, Professeure à la faculté de droit de l'Université Laval

Edoardo Stoppioni

Juriste, Professeur de droit public international à l'Université de Strasbourg