Remettre la démographie à sa place
La publication par l’Ined des derniers chiffres de conjoncture démographique semble avoir définitivement dissipé l’idée selon laquelle la France ferait exception au mouvement observé dans la plupart des pays européens depuis une dizaine d’années : en 2024 comme en 2023, la croissance démographique est très faible et ne se maintient que grâce aux migrations. La France entière compte 68,6 millions d’habitants au 1er janvier 2025, et l’augmentation enregistrée en 2024 (environ +169 000 personnes) figure parmi les plus faibles de l’après-guerre.

Dans ce contexte, la dynamique récente s’avère presque entièrement attribuable au solde migratoire (autour de +152 000 en 2024), tandis que la contribution de la croissance naturelle se contracte fortement. Dans le périmètre de l’Hexagone, la croissance naturelle est très légèrement négative, avec environ 629 000 naissances pour 630 000 décès et cette configuration est inédite depuis plus d’un siècle hors périodes de guerre.
Les tendances françaises ne relèvent plus d’un simple ralentissement conjoncturel mais s’inscrivent désormais dans une configuration plus générale d’un régime démographique de plus en plus répandu dans le monde, caractérisé par une fécondité basse, un vieillissement accéléré et une stagnation, voire une érosion, de la croissance naturelle. La chronique de conjoncture de l’Ined décrit une transformation progressive mais structurante de la pyramide des âges : en 2025, la part des moins de 20 ans (22,9 %) n’est plus que légèrement supérieure à celle des 65 ans et plus (21,8 %), un écart qui continue de se resserrer, avec des implications directes pour les équilibres intergénérationnels et, plus largement, pour la discussion publique sur la soutenabilité des systèmes de protection sociale.
Ces résultats ne signifient pas forcément une similarité de trajectoire avec les autres pays européens, mais ils obligent à reformuler le diagnostic. La question n’est plus de savoir si la France rejoindra la tendanc
