Que se passe-t-il en Iran ?
La République islamique d’Iran fait de nouveau la une des journaux, entre manifestations, répression et menaces américano-israéliennes. La situation est d’autant plus difficile à comprendre et imprévisible que les autorités ont instauré un black-out sur l’information – Internet est coupé, sauf vraisemblablement pour les privilégiés du régime (ou, curieusement, certains de ses dissidents qui jouissent d’une carte SIM dite « carte blanche »). En outre, l’opposition en exil sature la communication en annonçant la chute imminente de ce dernier – mais cela fait quarante-quatre ans qu’elle le fait – et le prochain retour de l’héritier de la dynastie des Pahlavi, prédiction que l’on entend répéter depuis une quinzaine d’années.

La multiplication des fake news et de vidéos manifestement produites par l’intelligence artificielle, ou diffusées en dehors de toute contextualisation, ne clarifie pas les choses. De ce fait, il faut enregistrer avec la plus grande prudence journalistique et scientifique les images et les chiffres qui circulent sans aucune possibilité de vérification et de recoupement. Pour le dire vite, nous les recevons de deux sources aussi peu fiables et transparentes l’une que l’autre : d’un côté, celles du régime ; de l’autre, les réseaux sociaux, dont nous ne connaissons pas plus les tenants et les aboutissants.
La colère de la rue est indéniable. Elle se nourrit de l’inflation qui rend tout bonnement impossible la vie quotidienne. Les Iraniens ne peuvent plus acheter les produits de base de leur alimentation, sans parler du reste. S’y sont ajoutées les coupures d’eau et d’électricité désormais récurrentes du fait du gaspillage de la ressource hydraulique en raison de l’obsolescence des canalisations, de la prolifération des forages sauvages en milieu rural et du réchauffement climatique. Il semble que cette colère porte désormais des revendications politiques hostiles au Guide de la Révolution, voire à la République islamique elle-même, et, nous
