Annexer Cuba : la longue histoire d’une convoitise états-unienne
Tombera, tombera pas ? Tombera « toute seule » ou avec un coup de canon des États-Unis ? Depuis quelques jours, Cuba est revenue sur le devant de la scène. La « grande fille malade » de la Caraïbe serait la prochaine sur la liste de Donald Trump, autrement plus facile à avoir que le Groenland – quoiqu’inversement alléchante en termes de ressources –, permettant potentiellement aux États-Unis de prendre enfin leur « village d’Astérix » et d’établir leur vieille idée de la Caraïbe comme « mer états-unienne ».

Or en 1850 comme en 2026, certains parmi la population cubaine – majoritairement des élites en exil, mais pas seulement – font le choix de soutenir l’option d’une annexion états-unienne pour ainsi se libérer d’une autre tutelle autoritaire. Passer à côté de cette réalité qui traverse les époques revient à ne comprendre qu’une partie du problème qui agite le monde depuis le 2 janvier.
Au sein de la diaspora cubaine en exil, une des plus anciennes de la scène internationale, après plus de 65 ans, à se dire « L’année prochaine à La Havane ! », on a fini par comprendre que le régime castriste et ses vies ultérieures renaissaient de leurs cendres. La « crise vénézuélienne » initiée par l’arrestation de Nicolás Maduro sonnerait la fin de partie d’une Cuba prétendument dépendante de cet allié sud-américain. Trump n’aurait désormais qu’à se baisser pour ramasser un fruit quasiment pourri tant il serait mûr.
On peut opposer bien des arguments solides à ce discours : le castrisme a survécu à la Perestroïka, à l’effondrement économique du Venezuela. Il peut compter sur d’autres partenaires solidaires, comme le Mexique, la Chine ou encore l’Angola, pour lui livrer du pétrole et d’autres denrées ordinaires qu’il est incapable de produire ou même acheter ses services. Il y a aussi l’argent de la diaspora qui perfuse une grande partie de l’économie insulaire. Il reste que le récit de l’île sombrant dans le giron nord-américain ressurgit à chaque crise internationale.
