Pénuries céréalières : mauvaise récolte ou spéculations ?
Les politiques agricoles européennes continuent de soutenir l’agriculture productiviste, une orientation qui, au lieu de faiblir, ne cesse de se renforcer. La dégradation des sols et le tassement des rendements agricoles sont quelques-unes des conséquences de ces politiques, soutenues par une grande partie des grands producteurs agricoles.

En réalité, les inégalités entre les producteurs sont criantes : les grandes fermes, liées à la grande distribution et au commerce spéculatif international, sont à l’origine de ces mesures, tandis que les petits producteurs, souvent mis en avant dans les médias, les subissent et voient leur dépendance à l’égard de la grande distribution, des producteurs de semences et de fertilisants s’accroître.
La guerre en Ukraine intervient dans ce contexte : l’Europe dépend en effet fortement des importations de céréales russes et ukrainiennes ; même si les médias et les responsables politiques évoquent le gaz russe, les céréales financent également l’économie russe. L’invasion de l’Ukraine ne répond pas seulement à des enjeux nationalistes et géopolitiques, mais également à l’ambition russe de contrôler le marché mondial des céréales en s’appropriant les terres ukrainiennes fertiles. Ces dynamiques sont liées : sans les contradictions des politiques agricoles européennes et les spéculations internationales sur les céréales, la Russie ne pourrait pas accumuler autant de profits. Tous ces éléments contribuent largement à expliquer les pénuries de céréales sur les marchés mondiaux. Il est donc important de préciser les origines de cette situation afin de déterminer les mesures les plus appropriées à adopter.
La pression démographique ?
Écartons d’emblée l’hypothèse malthusienne : à chaque fois qu’un manque de ressources, des fléaux sanitaires ou environnementaux, voire une guerre surviennent, le même refrain revient : nous sommes trop nombreux sur terre. Actuellement, cet argument est utilisé pour expliquer les tensions internationale
