Les élections municipales, scrutin essentiel en France
Les élections municipales constituent, avec l’élection présidentielle, le scrutin le plus important de la vie politique française (les élections législatives ont retrouvé une place de premier plan depuis 2024, qui reste à confirmer). Le pouvoir communal est en effet un des soubassements de notre système politique, son infrastructure territoriale.

Ces élections désignent plus de 500 000 élus locaux qui représentent sur le territoire un maillage sociopolitique essentiel, dans près de 35 000 communes[1] (soient 40 % des communes de l’Union européenne), autant de configurations locales aux enjeux très différenciés (les communes de moins de 3 000 habitants représentent une très large majorité des communes françaises, environ 89 % du total des communes). Ce marché électif structure et façonne les partis politiques.
Le mandat de maire est toujours convoité
La thématique du « blues des maires » est certes très présente dans l’actualité depuis une dizaine d’années. Elle est largement rapportée aux difficultés liées à l’exercice du mandat. L’augmentation des démissions de maires en est un symptôme. Le nombre moyen de maires démissionnaires a triplé sur les trois derniers mandats. Mais le phénomène touche à peine 1,3 % du total des maires et son interprétation est complexe (ce « blues » concerne principalement les maires vieillissants de petites communes et renvoie aussi aux difficultés croissantes au sein des majorités municipales). Le mandat de maire reste très convoité. Il est à la fois chronophage et coûteux en termes de sacrifices personnels mais aussi très gratifiant, le maire concentrant sur lui de nombreux pouvoirs et une forte visibilité sources de gratifications symboliques[2].
La crise des vocations municipales dont on parle depuis des années ne s’est pas vérifiée de facto aux élections municipales de 2020 (902 465 candidats contre 926 068 six ans plus tôt) et, dans une enquête récente du CEVIPOF, 70 % des maires sortants affirment vouloir se représenter.
