Repolitiser la démocratie participative municipale
Il y a six ans, la campagne pour les élections municipales 2020 était marquée par un citoyennisme généralisé. La participation citoyenne était plus que jamais dans l’air du temps. Les candidats rivalisaient dans la course au mieux-disant participatif. Les listes citoyennes et participatives[1] ont cherché à promouvoir la démocratie participative comme le symbole et l’instrument d’un projet politique alternatif, même si le thème participatif transcendait par ailleurs les clivages partisans.

Budgets participatifs, conseils citoyens, assemblées citoyennes, la collection 2020 des offres de participation s’est rapidement traduite dans l’action publique locale. Les budgets participatifs se sont généralisés dans plusieurs centaines de villes, comme à Lyon où il n’avait jamais été adopté. La convention citoyenne pour le climat a essaimé et donné naissance à plusieurs conventions citoyennes locales. Les dispositifs de soutien aux initiatives citoyennes ont également été renforcés dans l’objectif de donner corps à une transition écologique et citoyenne.
La fin d’un cycle de dépolitisation du « participatif »
Enfin, au milieu de ces offres participatives désormais standardisées, quelques villes ont expérimenté le droit d’interpellation citoyenne, à commencer par Grenoble. De ce point de vue, le dernier cycle municipal a entériné la tendance observée au cours des décennies précédentes : la démocratie participative est devenue le standard de l’action publique locale.
Mais dans le même temps, ce cycle s’achève par la persistance des constats critiques, désormais récurrents, à l’encontre de l’offre de participation publique. La masse de travaux converge pour souligner combien ces procédures peinent à démocratiser l’action publique locale, et peuvent même contribuer à entretenir la légitimité d’un ordre local de moins en moins démocratique.
De nombreux budgets participatifs sont appropriés par les acteurs localement dominants, politiquement et/ou socialement et culture
