Les ONG sur le banc des accusés
La critique contemporaine des ONG, qu’elles soient nationales ou internationales, ne relève plus seulement d’un débat idéologique classique opposant tenants et adversaires de la solidarité. Elle s’inscrit désormais dans une dynamique politique plus large qui vise à affaiblir la légitimité de l’universalisme, des droits humains et, plus largement, des contre-pouvoirs démocratiques. Ce qui se joue à travers la mise en cause des ONG n’est pas seulement l’avenir du secteur humanitaire, mais une transformation profonde du cadre normatif dans lequel s’exerce l’action publique et se définit l’intérêt général.

Si l’Observatoire des libertés associatives pointe ces attaques depuis de nombreuses années, un élément particulièrement révélateur de la séquence actuelle est l’extension de la mise en cause aux ONG internationales. Longtemps perçues comme des acteurs spécialisés et relativement consensuels, intervenant dans des contextes d’urgence au nom de principes humanitaires partagés, elles deviennent aujourd’hui des cibles politiques explicites.
La critique à l’égard des ONG a toujours existé, et c’est tant mieux, mais cette critique change aujourd’hui de nature. Accusées d’ingérence, de militantisme idéologique ou de collusion avec des agendas étrangers, des organisations comme Médecins sans frontières (MSF), Amnesty International ou Human Rights Watch sont de plus en plus souvent traitées comme des acteurs partisans, voire comme des menaces à la souveraineté nationale.
Ainsi, des ONG de sauvetage en mer comme SOS Méditerranée, MSF ou l’ONG allemande Sea-Watch ont été régulièrement accusées de « collusion avec les passeurs », soumises à des immobilisations de navires ou à des procédures judiciaires. Le cas de Gaza constitue à cet égard un révélateur particulièrement brutal.
Les ONG sont progressivement considérées comme des acteurs déconnectés des réalités nationales.
Depuis l’automne 2023, plusieurs ONG internationales ont été publiquement accusées de complaisance,
