Politiques culturelles : l’aube d’un démantèlement ?
En France, les politiques culturelles sont une affaire de collectivités territoriales. En dépit du rôle historique et symbolique joué par le ministère de la Culture depuis sa création en 1959, leur centre de gravité s’est largement déplacé à une échelle infranationale. Les budgets culturels des collectivités territoriales sont deux fois et demie plus importants que ceux du ministère de la Culture, hors audiovisuel public.

À cela s’ajoute la forte concentration des financements culturels de l’État en Île-de-France : en euros par habitant, ils y sont presque dix fois supérieurs à ceux des autres régions. Autant dire qu’en dehors de la métropole parisienne, le soutien à la culture publique et subventionnée est principalement entre les mains des élus locaux. Raison pour laquelle, lorsqu’en 2025 la région des Pays de la Loire décide de baisser de plus de 60 % son budget culturel de fonctionnement et de supprimer, sans discernement, la quasi-intégralité de ses aides dans ce domaine, c’est tout un secteur d’activité qui réagit à l’échelle nationale.
La crainte du précédent que représentent ces coupes franches et la peur de la contagion des idées politiques qui les justifient expliquent cette forte mobilisation. Le cas de la région des Pays de la Loire demeure jusqu’à aujourd’hui, fort heureusement, inégalé par son maximalisme. Mais il est le symbole d’un mouvement de retrait inédit et généralisé du soutien public aux activités culturelles sur l’ensemble du territoire national.
D’une crise à l’autre
Il convient, en premier lieu, de revenir sur ce diagnostic de crise qui est dans toutes les bouches depuis plus d’un an. Celui-ci n’a rien d’une nouveauté. Il constitue même un lieu commun des politiques culturelles depuis les années 1980, se réinvitant à intervalles réguliers en raison des difficultés budgétaires, des polémiques sur l’État culturel, du discrédit ou du manque de crédit politique des ministres de la Culture successifs, des réformes du régime des intermi
