La sécurité, objet de politique municipale
Les questions de sécurité publique s’invitent régulièrement dans les campagnes municipales et y prennent une place souvent centrale. En 1983, entre les deux tours des élections municipales, Le Monde titrait un article d’Edwy Plenel « Les urnes de la peur » pour souligner la place prise dans la campagne par les questions de délinquance et l’association immigration/insécurité.

Lors de la campagne des municipales de 2001, les enjeux de sécurité sont également largement mis en avant, notamment dans les grandes villes, et plusieurs sondages désignent cet enjeu comme une préoccupation centrale, à la fois des maires et des habitant·es[1]. En 2014, un sondage de l’Association des maires de grandes villes de France plaçait la sécurité en tête des préoccupations dans les villes de plus de 100 000 habitant·es. Les élections 2026 confirment cette centralité.
Plusieurs sondages font ainsi de la sécurité un enjeu déterminant : le sondage Elabe de janvier 2026 estime que les Français mettent la sécurité en tête des priorités d’action pour leur prochain maire tandis que, selon un sondage réalisé en novembre 2025 par l’IFOP, la sécurité des personnes et des biens est jugée « déterminante » pour leur vote aux municipales par plus de trois quarts des électeurs (76%), loin devant, par exemple, la lutte contre le dérèglement climatique qui n’est, elle, jugée déterminante que pour 33% des personnes sondées.
La place croissante des enjeux environnementaux dans le débat public et l’urgence climatique ne semblent donc pas avoir démonétisé la sécurité dans la compétition électorale locale. Quelles que soient la validité et la pertinence des sondages, ils sont relayés par la presse[2], ce qui fait de la sécurité un objet d’attention.
Permanence de l’enjeu et priorisation différenciée
L’actualité législative contribue à braquer un peu plus les projecteurs sur les enjeux de sécurité puisqu’une loi sur l’évolution des prérogatives des polices municipales est actuellement en cours de di
