À Saint-Étienne : le maire, les politiques urbaines et les inégalités
Habituellement peu présente sur les scènes médiatiques nationales, la ville de Saint-Étienne a bénéficié d’une attention soutenue ces trois dernières années. Fin août 2022, Mediapart révélait le chantage exercé, sur fond de rivalité politique, par le maire Gaël Perdriau (Les Républicains) et son entourage sur le premier adjoint de la Ville (UDI). Ce chantage reposait sur une vidéo intime tournée à l’insu de ce dernier dans un hôtel parisien.

Cette affaire, dite de la « sextape », a été jugée en première instance en septembre 2025 et a abouti, le 1er décembre dernier, à la condamnation de Gaël Perdriau par le tribunal correctionnel de Lyon à cinq ans d’emprisonnement dont un an avec sursis, assortis de cinq ans d’inéligibilité et d’une amende de 50 000€, avec exécution provisoire, pour des faits de chantage, d’association de malfaiteurs et de détournement de fonds publics. Gaël Perdriau, qui a fait appel du jugement, a toutefois dû démissionner de ses mandats de maire et de président de la Métropole, et a été incarcéré le 7 janvier 2026.
Cette affaire a fait plusieurs « unes » de la presse, nationale et régionale, ainsi que de journaux télévisés et de « fils d’actualité » sur les réseaux sociaux, propulsant Saint-Étienne au rang de sujet médiatique. Ce traitement s’est cependant largement concentré sur l’affaire elle-même[1] : chantage politique, détournement d’argent public, homophobie. Il a parfois été poussé plus loin en soulevant la question de la démocratie locale à travers l’analyse de ce qui a rendu possible l’organisation du chantage – concentration du pouvoir dans la personne du maire, opacité dans le rôle des entourages politiques, faiblesse entretenue d’un espace public local – mais aussi le maintien de Gaël Perdriau dans ses fonctions de maire et de président de la métropole stéphanoise[2].
Pourtant, malgré une couverture médiatique d’ampleur, cette affaire n’a jamais vraiment été l’occasion d’ouvrir des questionnements plus généraux sur les pol
