Le RN et les municipales 2026 : premier bilan
Le scrutin municipal est probablement, de par la dispersion des sites (plus de 35 000 communes) et la variété des configurations locales, l’élection la plus difficile à décrypter, si toutefois on entend limiter l’analyse aux sempiternelles questions du « qui a gagné ? ».
S’agissant du Rassemblement national, on peut au gré des indicateurs et étalons de mesure retenus, démultiplier les constats inégalement « pessimistes », en tempérant ce faisant l’enthousiasme de Marine Le Pen saluant dès le soir du premier tour sur X, « une immense victoire[1] ».
Première perspective, l’offre de candidatures frontistes
Si l’on prend les cent premières communes françaises[2], on ne décèle qu’un faible progrès dans la couverture du territoire : dans 18 de ces grandes cités (contre 24 en 2020), le RN n’est pas présent en 2026[3]. De même, le RN n’a délivré aucune investiture dans 8 départements et 22 préfectures. En élargissant la focale aux communes de plus de 10 000 habitants, l’alliance RN-UDR (Ciotti) est absente dans deux tiers d’entre elles, soit un taux de couverture moindre qu’en 2014 ou 1995 alors même qu’entre-temps le RN et ses alliés peuvent compter sur plus de 140 députés, 30 parlementaires européens et 3 à 400 collaborateurs parlementaires. Dans l’Oise par exemple (6 députés R.N. sur 7,45 % des suffrages exprimés aux législatives de 2024), le RN n’a été en mesure de présenter dans les 40 communes de plus de 3500 habitants, que six listes.
Plus problématique encore car renvoyant à l’un des handicaps structurels du RN – le turnover de ses cadres et le défaut d’enracinement – moins d’une tête de liste sur cinq lors des municipales de 2020 a été reconduite six ans plus tard quand dans le même temps 29 % des conseillers municipaux RN sortants avaient démissionné durant leur mandat (contre par exemple 13 % au PCF, 10 % au PS ou à LR). Les « zones blanches du RN correspondent souvent à̀ des départements dont la fédération a été́ bouleversée récemment[4] », par remplacement, po

