La planification écologique ou l’impuissance organisée
Le changement climatique est une urgence de plus en plus tangible. Tandis que l’idée de développement durable issue des années 1990 reposait principalement sur des mesures dites incitatives afin de modifier la conduite des citoyens, la notion de transition écologique fait apparaître « un fait social[1] » appelant « une plus forte demande d’État» de la part des Français.

Les Accords de Paris d’abord et le Green Deal ont été de ce point de vue un véritable tournant : il ne s’agit plus d’assurer la soutenabilité d’un modèle, mais de structurer une action publique sur la base de trajectoires de décarbonation afin de tendre vers une stricte limitation de la hausse des températures sous les 2 degrés d’ici la fin du siècle.
Comment l’État français entend-t-il répondre à cet enjeu ? En tentant, à partir de 2022, de coordonner l’action gouvernementale mais aussi celle des parties prenantes (entreprises, représentants des citoyens et des territoires) à travers une nouvelle planification. Vieille solution ayant connu de multiples formes tout au long du XXe siècle, progressivement affaiblie lors du virage néolibéral des années 1970 puis définitivement écartée de l’action gouvernementale à partir de 1993 au profit de la prospective et de l’analyse des politiques publiques, nous voyons donc aujourd’hui resurgir la notion de planification face aux crises du XXIe siècle.
Le concept de planification écologique ne fait certes pas partie du vocable d’Emmanuel Macron entre 2017 et 2022, mais l’idée fait néanmoins son sillon à gauche depuis quelques années : d’abord intégrée au programme du Front de Gauche en 2012, l’idée est développée au sein du livre-programme de Jean-Luc Mélenchon en 2017. Mais c’est finalement le 16 avril 2022, en pleine campagne d’entre-deux-tours, qu’Emmanuel Macron annonce que la politique qu’il mènera « dans les cinq ans à venir sera écologique ou ne sera pas ». Incarnation de cet engagement, le « président-candidat » s’engage alors à ce que son futur
