Le blocus du détroit d’Ormuz : retour au XIXe siècle
Le 12 avril 2026, les États-Unis d’Amérique ont annoncé qu’ils allaient procéder au blocus du détroit d’Ormuz. Selon l’administration Trump, il s’agit d’assurer la liberté de circulation entre le golfe Arabo-Persique et l’océan Indien, liberté empêchée par l’Iran dans le cadre de la guerre débutée le 28 février. À juste titre, les commentateurs de ces événements ont relevé qu’une époque était en train de finir : celle qui avait vu triompher, d’abord du fait de l’hégémonie américaine, puis avec l’avènement de la « mondialisation », le libre-échange sur la mer.

Constatant que de plus en plus d’États cherchent désormais à contrôler des points de passages stratégiques ou à s’approprier des espaces maritimes, l’économiste Arnaud Orain a ainsi affirmé dans une interview au journal Le Monde que la seule époque qui soit comparable à celle qui s’achève sous nos yeux est « celle des années 1850-1880, pendant la première mondialisation ».
C’est peut-être vrai par certains aspects. Mais on pourrait tout aussi bien défendre l’idée inverse et remarquer que l’époque nouvelle, dans laquelle nous entrons de façon incertaine et erratique, ressemble beaucoup au XIXe siècle – un XIXe siècle qui fut sans doute le temps d’une « première mondialisation », mais plus encore celui de la « diplomatie de la canonnière », laquelle fait ces temps-ci un étonnant retour.
On pourrait multiplier les exemples, qui d’ailleurs concernèrent précocement les États-Unis d’Amérique. En 1804, ceux-ci s’étaient alliés à la Suède et au royaume des Deux-Siciles (lequel fait lui aussi un drôle de retour ces jours-ci dans les pages de la presse people) pour bombarder la régence de Tripoli, dont les navires étaient accusés de s’en prendre à leurs flottes commerciales en Méditerranée. En 1816, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas envoyaient à leur tour une escadre commune bombarder Alger pour la même raison. Lorsqu’il apparut que la piraterie n’avait pas été éradiquée sur les côtes de l’Afrique du Nord, le
