Considérer la démocratie et sa déconsolidation
Certes, les élections du 12 avril 2026 en Hongrie se sont conclues par la défaite du Fidesz mené par un Viktor Orbán, chantre du régime illibéral, qui a présidé aux destinées du pays pendant seize ans : les Hongrois lui ont préféré l’ancien membre du Fidesz, Péter Magyar, toujours conservateur, à la tête du nouveau parti Tisza. Et de se demander quelles seront les voies qu’un tel changement pourrait ouvrir en faveur de la restauration des exigences de la démocratie et des principes de l’État de droit dans le pays.

En effet, en Pologne, le retour de Donald Tusk au pouvoir ne s’est pas accompagné d’une déconstruction des rouages illibéraux établis par le parti Droit et Justice (PiS) pendant dix années de contrôle du pouvoir, non seulement parce que les urnes ont maintenu en août 2025 à la présidence de la République un membre du PiS (Karol Nawrocki), mais aussi parce que l’ensemble de l’appareil organisationnel et normatif a été gangrené par des règles et pratiques illibérales. Certes, les élections de mid-terms, qui auront lieu aux États-Unis à l’automne, laissent d’aucuns espérer un revers pour l’administration Trump, et par conséquent un arrêt des régressions agressives et brutales réalisées depuis son installation pour son second mandat en janvier 2025.
Pourtant, le constat de la déliquescence des démocraties sous les assauts de l’illibéralisme est inquiétant. Que l’on se rapporte au Democracy Report 2026 intitulé « Unraveling the Democratic Era ? » de mars dernier ; ou au Liberties Rule of Law Report 2026 publié par la Civil Liberties Union for Europe ce printemps. Les régimes démocratiques sont menacés ; les principes de l’État de droit sont démantelés. Cela ne concerne pas seulement les démocraties nouvelles et fragiles, mais également celles qui, anciennes et solides, servaient de référence.
Certains dirigeants déconstruisent les régimes démocratiques de manière intentionnelle et consistante : ainsi en est-il en Hongrie, en Bulgarie, en Croatie, en S
