L’autre front démographique : à propos des projections de l’INSEE
Ce mois de juin 2026, comme tous les cinq ans environ, l’INSEE publie ses projections de population pour la France à l’horizon 2070. Cet exercice attendu de la statistique publique repose sur la méthode dite des composantes : partant de l’état actuel de la population, on modélise année après année les différentes composantes de la croissance démographique que sont les naissances et les décès à venir ainsi que les entrées et sorties du territoire, sous des hypothèses posées sur l’évolution de la fécondité, de la mortalité et des migrations. La pyramide des âges évolue ainsi de proche en proche, produisant des scénarios d’anticipation sur l’effectif et la structure de la population pour les décennies à venir.

Dans cette dernière livraison de l’INSEE, selon le scénario dit « central » c’est-à-dire celui qui prolonge les tendances récentes, la France compterait 65,9 millions d’habitants en 2070, soit 3,2 millions de moins qu’aujourd’hui. La population continuerait d’augmenter jusqu’en 2037, portée exclusivement par le solde migratoire, pour atteindre un pic de 69,8 millions, avant d’amorcer un déclin. Le solde naturel, différence entre naissances et décès, est devenu négatif dès 2025 pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, et il continuerait de se dégrader jusqu’en 2070. L’indicateur conjoncturel de fécondité, qui s’établissait à 1,56 enfant par femme en 2025, déjà en dessous du scénario bas des projections précédentes de 2021, poursuivrait sa baisse pour se stabiliser à 1,45. L’espérance de vie continuerait de progresser, pour atteindre 89,5 ans pour les femmes et 86,7 ans pour les hommes en 2070. La structure par âge serait peu à peu modifiée : le nombre d’habitants de moins de 45 ans baisserait de 8,9 millions, tandis que celui des 65 ans et plus augmenterait de 5,8 millions, dont 4,6 millions de 80 ans et plus. Le solde migratoire est fixé dans le scénario central à +150 000 personnes par an sur toute la période de projection.
